Bruxelles, 08/06/2009 (Agence Europe) - Même si le Parti Populaire Européen (PPE) confirme sa place de premier groupe politique au sein du nouveau Parlement européen, les conservateurs et démocrates-chrétiens européens sont conscients du fait qu'ils ne disposent pas à eux seuls d'une majorité absolue et que la coopération avec les autres groupes, notamment les socialistes et les libéraux restera déterminante à l'avenir. Avec le renforcement des forces eurosceptiques et extrémistes dans l'hémicycle, la bonne entente et la collaboration entre les familles politiques traditionnelles sera encore plus importante que dans le passé, a souligné le président du PPE, Wilfried Martens, lundi 8 juin devant la presse. « La grande leçon que nous devons tirer de la présence renforcée des extrémistes, des populistes et des eurosceptiques est que les grandes familles pro-européennes qui, ensemble avec les pères fondateurs, ont créé le projet d'intégration européenne - les démocrates-chrétiens, les sociaux-démocrates et les libéraux - auront plus que jamais la responsabilité et l'obligation de coopérer », a-t-il déclaré.
Tandis que le PPE se contenterait donc de poursuivre sur la voie des simples coopérations techniques et sporadiques telles qu'elles ont fonctionné au cours de la législation précédente, le chef sortant du groupe ADLE, Graham Watson, souhaite aller plus loin et suggère au PPE de former une « vraie alliance politique et idéologique de centre-droit » fondée non pas sur des coopérations techniques au cas par cas, mais sur un véritable programme politique. « J'ai déjà pris un rendez-vous avec Joseph Daul (le chef du groupe PPE) et cette question sera sans doute évoquée », a déclaré M. Watson lundi devant des journalistes. Le nouveau parlement sera majoritairement composé de députés du centre-droit et il serait donc « logique » que ce nouveau parlement soit tiré par une « majorité politique de centre-droit », estime M. Watson.
Les Verts, les seuls à avoir pu augmenter le nombre de leurs députés européens, plaident aussi pour une « alliance » au sein du nouveau parlement - mais de la gauche et des progressistes. Daniel Cohn-Bendit, le co-président sortant du groupe des Verts, a appelé lundi en faveur d'une « coopération entre les forces de la gauche », à savoir les Verts, le groupe socialiste, le groupe de la gauche unie (GUE/NGL) et, si possible, les libéraux de l'ADLE. Le premier objectif d'une telle alliance serait d'empêcher l'approbation, par le PE, de la très probable candidature et désignation (par le Conseil européen) de José Manuel Barroso à la présidence de la prochaine Commission européenne. La coopération pourrait ensuite être poursuivie sur d'autres thèmes politiques. « Il y a une possibilité d'alliance au PE pour mener une politique et créer une majorité contre M. Barroso », a dit M. Cohn-Bendit. Interrogé lundi par la presse sur la participation du groupe ADLE à une telle coalition « anti-Barroso », Graham Watson ne l'a « pas exclue », l'estimant toutefois improbable. « On va en débattre » au sein du groupe, a-t-il dit.
Le groupe socialiste au PE, grand perdant du scrutin, ne souhaite pas encore se prononcer sur les éventuelles coopérations ou alliances. « Le PSE a un programme politique ambitieux avec des revendications très précises comme l'introduction d'un salaire minimum dans toute l'UE, la protection sociale des citoyens, la lutte contre la crise économique, le changement climatique et toute une série d'autres points énumérés dans le Manifeste pour les élections européennes. Tout le monde qui veut s'associer à la défense de cette politique est évidemment le bienvenu », s'est limité à commenter un porte-parole du groupe PSE. Des contacts exploratoires avec les autres groupes auront lieu dans les jours à venir, mais il est très certainement beaucoup trop tôt pour parler de stratégie politique ou de possibles alliances au sein de la nouvelle assemblée, affirme-t-il. (H.B.)