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Bulletin Quotidien Europe N° 9911
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/social

Les syndicalistes européens font le bilan de santé de la CES et de son efficacité

Paris, 29/05/2009 (Agence Europe) - La Confédération européenne des syndicats (CES) a-t-elle besoin de soins intensifs ou seulement d'une petite cure de jouvence ? Les syndicalistes européens ont dressé, jeudi 28 mai, le bilan de santé de la CES à l'occasion d'une conférence à mi-mandat pour combattre la crise. Pour Jean-Claude Mailly (FO, France), la CES aura surtout « besoin de vitamines » pour faire face au doublement attendu du chômage en octobre 2009: « si nous pouvions organiser, au même moment et partout en Europe, une interruption générale de travail, alors je crois que nous pourrions influencer les institutions européennes », a-t-il suggéré. Pour mieux préparer l'avenir, les dirigeants de la CES ont fait le point sur l'efficacité de l'organisation. Concernant d'abord le nombre d'affiliés, Reiner Hoffmann (secrétaire général adjoint de la CES) a rappelé que l'affiliation est passée de 60 millions de personnes en 1995 à 48 millions aujourd'hui, soit une chute de 20% des affiliés sur la période. Toutefois, l'Italien Guglielmo Epifani (secrétaire général de la CGIL) a entretenu la suspicion: « est-il bien sûr que cette chute corresponde à une baisse réelle du nombre d'affiliés ou est-ce que les fédérations ne déclarent pas moins d'inscrits juste pour payer moins de cotisations ? » Pour y remédier, le syndicaliste italien propose d'instituer un système de « cotisation directe » qui permettrait de « renforcer le lien » entre la CES et les affiliés nationaux et garantirait une certaine « sécurité financière » à la CES. Quant au budget, il s'élève à 6,7 millions d'euros dont 60% dédiés au versement des salaires et près d'un quart pour financer les activités syndicales. Si certains voudraient limiter les coûts du personnel pour dégager davantage de fonds pour les campagnes de mobilisation, Reiner Hoffmann rappelle que « si l'on prend en compte les subsides de la Commission européenne, alors le coût du personnel ne représente plus que 40% du budget ». Ceci pose inévitablement la question de la dépendance financière de la CES à l'égard de la Commission européenne. En 2007, la CES a bénéficié d'un soutien de 3 millions d'euros de la Commission pour la réalisation de projets concrets. D'aucuns parmi les syndicalistes soulignent ainsi le caractère trop institutionnalisé de la CES. Le Belge Rudy De Leeuw considère pour sa part qu'« il ne faut pas exagérer » et estime que la CES n'est pas « une succursale de la Commission » mais bien au contraire « un contre-pouvoir », capable d' « imposer son propre agenda ». Reste que la CES doit aussi forcer les patronats nationaux à se rapprocher de ses positions, ce qui passe par l'amélioration de la coordination syndicale: meilleure articulation entre le dialogue social européen et le dialogue social national, coordination des politiques nationales de négociation collective, voire même une coordination salariale pour lutter contre le dumping social et salarial en Europe. Enfin, la CES devra veiller à la solidarité entre les affiliés de l'Est et de l'Ouest pour éviter une harmonisation vers le bas des conditions salariales et des droits sociaux. Prochaine épreuve test pour cette coordination syndicale: la transposition en droit interne de la directive Services. Car si la CES a obtenu le retrait du principe du pays d'origine, Reiner Hoffmann redoute que des « principes éjectés de la directive reviennent par la porte de service » si les syndicats ne veillent pas au grain lors de la transposition nationale. (Y.P.)

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