Bruxelles, 29/05/2009 (Agence Europe) - La 98ème session de la Conférence internationale du Travail se tiendra du 3 au 19 juin à Genève. Cette année, la Conférence convoquera un Comité plénier pour examiner les conséquences de la crise économique et financière mondiale sur l'emploi et la politique sociale, sur base notamment du rapport du directeur général du BIT (Bureau international du Travail), Juan Somavia, intitulé « Faire face à la crise mondiale de l'emploi - Une reprise centrée sur le travail décent ».
En marge de cette conférence, une réunion informelle ministérielle « Europe » se tiendra sous Présidence tchèque le mardi 16 juin dans l'après-midi. Le thème choisi par la Présidence tchèque s'intitule « Marchés européens du travail - Opportunités et défis pour la mobilité professionnelle ». Cette informelle réunira un certain nombre de chefs d'État et de gouvernement, de décideurs de haut niveau, dirigeants d'entreprises et représentants syndicaux, chefs d'institutions régionales de développement et autres leaders d'opinion. Il fournira une plate-forme mondiale exceptionnelle pour articuler les politiques financières, économiques et sociales autour du thème des entreprises, de l'emploi et du travail décent centré sur l'être humain. Il sera pleinement intégré aux travaux de la Conférence internationale du travail et recevra des contributions du Comité plénier sur les réponses à la crise aux travaux duquel il contribuera à son tour, indique l'OIT. Les conclusions de ce Sommet feront partie du document produit par le Comité plénier (dont les travaux débuteront le mercredi 3 juin à 15 heures) sur les réponses à la crise qui sera soumis à la Conférence internationale pour adoption. Ont déjà confirmé leur participation à ce Sommet, les chefs d'État et de gouvernement suivants: Luiz Inacio Lula da Silva (Brésil), Nicolas Sakozy (France), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Cristina Fernandez de Kirchner (Argentine), Lech Kaczynski (Pologne), Armando Guebuza (Mozambique), Recep Tayyip Erdogan (Turquie), Sheikh Hasina, (Bangladesh). Notons que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, est attendu lundi 15 juin et son commissaire aux Affaires sociales, à l'Emploi et à l'Égalité des chances, Vladimir Spidla, devrait être présent le mardi 16 juin à Genève.
Les discussions du Comité plénier porteraient sur des questions comme, entre autres, le rôle de l'OIT dans la recherche de solutions à la crise et dans la promotion de la cohérence à l'échelle internationale des ripostes à la crise, la possibilité d'un Pacte mondial pour l'emploi, les politiques salariales, le rôle des normes internationales du travail, la protection des principes et droits fondamentaux au travail, le soutien aux entreprises des secteurs public et privé, la relance de l'emploi, les filets de protection sociale, le dialogue social au service de la reprise, ou encore l'Agenda mondial pour l'emploi de l'OIT. Le président du Comité plénier devrait présenter un bref rapport sur les travaux dudit Comité au Sommet de l'OIT sur la crise mondiale de l'emploi lors de sa séance d'ouverture le 15 juin à 10 heures.
Dans son rapport « Faire face à la crise mondiale de l'emploi - une reprise centrée sur le travail décent », Juan Somavia souligne qu'un pacte mondial pour l'emploi répond aux besoins immédiats des travailleurs des secteurs formel et informel de l'économie, des familles et des entreprises, tout en jetant les bases d'une mondialisation équitable soutenue par un mode de croissance équilibré sur les plans social, environnemental et économique. Citant quelques éléments d'un pacte mondial pour l'emploi, le directeur général a mentionné: (1) placer l'emploi et la protection sociale au cœur des politiques de relance afin d'accélérer la reprise de l'emploi, de garantir à tous l'accès à l'emploi grâce à des mesures spécialement destinées aux catégories défavorisées, d'élargir la protection sociale et de renforcer la sécurité: - soutenir les entreprises, surtout les PME, et leur garantir l'accès au crédit ; - protéger les emplois viables grâce à une aide à la réduction de la durée du travail combinée au développement des compétences pour limiter les licenciements en pure perte ; - apporter un soutien aux demandeurs d'emploi par des prestations de chômage bien conçues ; - renforcer les programmes actifs du marché du travail pour éviter le risque de chômage de longue durée et d'exclusion sociale ; - efficacité des programmes de garantie de l'emploi, notamment dans les pays en développement ; - prévoir des mesures d'aide spécifiques pour les jeunes, en particulier les plus défavorisés ; - accroître les investissements dans les infrastructures et les biens publics à forte intensité d'emplois ; - investir dans l'économie verte de demain ; - investir dans la sécurité alimentaire et le développement rural ; - mettre en place ou étendre un système de protection sociale pour les groupes à faible revenu et les travailleurs de l'économie informelle ; - aider les travailleurs migrants et leurs familles ; (2) soutenir les politiques de relance par le dialogue social et le respect des droits des travailleurs: - tous les pays devraient établir des politiques de relance en consultation avec les partenaires sociaux ; - protéger et promouvoir les droits des travailleurs et les normes internationales du travail ; (3) financer un pacte mondial pour l'emploi (lequel exige des financements à la fois publics et privés, aux niveaux national et international). Le rétablissement de flux de crédits normaux pour l'investissement, le commerce, la consommation durable et l'innovation est une condition essentielle d'une reprise productive de l'économie réelle.
Rappelons que la Conférence internationale du travail, qui est souvent comparée à un parlement international du travail, a plusieurs fonctions parmi lesquelles l'élaboration et l'adoption de normes internationales du travail, sous forme de conventions et de recommandations, le suivi de l'application des conventions et recommandations au niveau national, l'examen de rapports couvrant les quatre droits fondamentaux (liberté d'association et reconnaissance effective du droit de négociation collective ; élimination de toute forme de travail forcé ou obligatoire ; abolition effective du travail des enfants ; élimination de la discrimination en matière d'emploi et de profession). L'OIT est l'agence tripartite de l'ONU qui rassemble gouvernements, employeurs et travailleurs de ses États membres dans une action commune pour promouvoir le travail décent à travers le monde. Le BIT (Bureau international du Travail) est un organisme rattaché à l'ONU et chargé des questions générales liées au travail dans le monde. Il harmonise les concepts et définitions relatives au travail et à l'emploi, en particulier celles relatives à la population active et aux chômeurs. Infos: http://www.ilo.org (G.B.)