Bruxelles, 04/05/2009 (Agence Europe) - Avigdor Lieberman, ministre israélien des Affaires étrangères, a entamé, dimanche 3 mai à Rome, une tournée en Europe devant le conduire, d'ici jeudi, à Paris, Prague et Berlin. Aucun contact avec les institutions européennes (M. Solana ou la Commission européenne) n'est formellement envisagé, précise-t-on à Bruxelles. M. Lieberman n'est pas attendu dans la capitale belge. Mais selon sa porte-parole, Cristina Gallach, il ne serait pas exclu que M. Solana, présent à Prague mercredi, puisse, si le calendrier s'y prête, s'y entretenir au pied levé avec le chef de la diplomatie israélienne qu'il n'a encore pas rencontré depuis la prise de fonctions de ce dernier.
La tournée de M. Lieberman a lieu au moment où de fortes pressions sont exercées sur Israël pour que le nouveau gouvernement formé par Benjamin Netanyahou respecte les engagements pris par les gouvernements précédents et se conforme aux engagements pris envers la communauté internationale dans le cadre du processus de paix. Au sein de l'UE, la position n'est toutefois pas uniforme. La présidence en exercice tchèque n'est pas en faveur de telles pressions, mais envisagerait le report à juin de la session du Conseil d'association UE-Israël devant avoir lieu le 18 mai pour donner un mois de répit au nouveau gouvernement israélien avant l'annonce de ses options formelles. Selon un haut responsable du ministère israélien des Affaires étrangères, qui a déploré les « bruits de fond négatifs » perçus en Europe, « le ministre Lieberman va demander à ses interlocuteurs européens d'accorder du temps à Israël jusqu'à ce que le gouvernement dévoile les grandes lignes de son plan diplomatique ». Benjamin Netanyahou devrait en présenter l'ébauche lors de sa rencontre, à la mi-mai à Washington, avec le président américain Barack Obama.
Le secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant, a affirmé dimanche qu'il « serait souhaitable qu'Avigdor Lieberman se rallie aux décisions qui ont été prises par la communauté internationale, c'est la moindre des choses ». Il a jugé une rencontre avec le président Sarkozy possible mais pas certaine à ce stade. Et si un entretien avec M. Solana était rendu possible, le Haut représentant lui rappellera, précise Mme Gallach, l'exigence formulée par l'UE du « respect des principes » agréés par la communauté internationale et le rejet de tout « changement sur le terrain » qui aurait des effets sur la poursuite du dialogue pour une paix négociée. (F.B.)