Bruxelles, 04/05/2009 (Agence Europe) - La commissaire Viviane Reding, responsable de la société de l'information et des médias, appelle une nouvelle fois à la création d'un nouvel organe indépendant et plus représentatif de l'ensemble des nations, pour la gestion mondiale de l'Internet. Dans un message vidéo publié cette semaine sur son site Internet, la commissaire Reding appelle le président des Etats-Unis, Barack Obama, à infléchir la position américaine vis-à-vis de la gouvernance de l'Internet, actuellement sous la tutelle de l'ICANN, une société contrôlée par le Département du commerce américain. « Le moment d'agir est venu et l'Europe est prête à soutenir le président Obama dans ses efforts », promet-elle.
L'accord conclu entre la société et le gouvernement américain, pour la gestion d'Internet, expire le 30 septembre prochain, ce qui « ouvre la voie à une privatisation complète de l'ICANN et soulève aussi la question de savoir qui sera responsable de l'ICANN à partir du 1er octobre », souligne Viviane Reding. La commissaire rappelle le modèle que recommande l'Union européenne pour la gouvernance de l'Internet: l'établissement d'un organisme ICANN entièrement privatisé, indépendant, transparent et responsable devant les juridictions, d'une part, et l'organisation d'un forum international qui se réunira au moins deux fois par an pour discuter des questions relatives à l'Internet et émettre des recommandations à l'ICANN quand cela s'avérera approprié, d'autre part. Ce forum devra être composé de manière équilibrée par des représentants nord-américains, sud-américains, européens, africains, asiatiques et australiens. Il devra par ailleurs être capable de réagir rapidement si la stabilité, la sécurité et l'ouverture d'Internet sont menacées. L'administration Clinton avait montré des signes d'ouverture en acceptant la privatisation progressive de l'ICANN, souligne la commissaire Reding, qui espère que le nouveau président américain se montrera enclin à poursuivre dans cette voie après un durcissement sous George Bush. « À long terme, il n'est pas défendable d'admettre que le département gouvernemental d'un seul pays puisse contrôler une fonction utilisée par des centaines de millions de personnes du monde entier », commente la commissaire. Le 6 mai, la Commission européenne organise une audition publique sur la gouvernance future d'Internet afin de sonder la position des différents acteurs. (I.L.)