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Bulletin Quotidien Europe N° 9894
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Énergie

Dialogue de sourds entre Européens et Russes

Bruxelles, 04/05/2009 (Agence Europe) - Trois mois après la crise gazière, Européens et Russes se sont retrouvés au plan ministériel, jeudi 30 avril à Moscou, pour préparer le sommet UE/Russie des 21 et 22 mai à Khabarovsk et tenter de restaurer la confiance ébranlée par la rupture d'approvisionnement, en janvier dernier, du gaz russe transitant par l'Ukraine. Évaluant les récents développements du dialogue et de la coopération énergétiques entre l'UE et la Russie, la 4ème réunion du Conseil permanent de partenariat (CPP), à laquelle ont participé, côté européen, le commissaire à l'Énergie Andris Piebalgs, le ministre tchèque de l'Industrie Martin Riman et la ministre suédoise de l'Énergie Maud Olofsson, et, côté russe, le vice-Premier ministre Igor Sechin et le ministre de l'Énergie Sergueï Chmakto, n'a néanmoins pas permis d'aplanir les divergences de vues.

« Il faut absolument renforcer la confiance entre l'UE et la Russie, sur la base de cadres juridiques solides. Des négociations pour un nouvel accord de partenariat et de coopération sont en cours, mais nous devons progresser aussi à court terme. Des initiatives sont en cours, comme le mécanisme d'alerte rapide qu'il convient de rendre plus opérationnel en termes de suivi et de prévention des crises à l'avenir », souligne M. Piebalgs dans un communiqué publié après la réunion. Selon la Commission européenne, la réunion a permis aux participants d'améliorer leur compréhension mutuelle de l'évolution des relations énergétiques bilatérales dans un avenir proche, en prenant notamment en compte l'impact de la crise financière sur les secteurs européen et russe de l'énergie. Européens et Russes ont aussi évalué les progrès des travaux des trois groupes thématiques du dialogue UE/Russie (stratégies et scénarios, développement des marchés et efficacité énergétique), ceux des travaux sur le mécanisme d'alerte précoce des ruptures d'approvisionnement et les progrès de la coopération bilatérale au G8 et à l'AIE. Les partenaires ont, en outre, validé les termes de référence du contrôle des flux de gaz russe destiné à l'UE et transitant par l'Ukraine.

Mais, ces progrès en façade sur la coopération énergétique ne suffisent pas à masquer des désaccords de taille sur des questions essentielles, notamment celle de la Charte de l'énergie, que Moscou refuse toujours de ratifier. Ainsi, s'exprimant devant la presse à l'issue de la réunion, M. Piebalgs a exclu de remplacer l'actuelle Charte, destinée à encadrer les conflits énergétiques entre les pays, par un nouveau texte proposé récemment par le président russe Dmitri Medvedev (EUROPE n° 9886). « Non. La Charte de l'énergie a été ratifiée. Le traité continuera de vivre sa vie jusqu'à ce que les pays qui l'ont établie en décident autrement. Ce n'est pas le cas », a-t-il fermement insisté. Proposé au G20, à l'UE et aux pays de l'ex-URSS, le document russe est « une nouvelle proposition qui, basée sur l'expérience de la Charte de l'énergie, est plus ambitieuse. Ouverte à tous les pays, elle est plus globale et traite d'autres problèmes, mais elle ne remplace pas la Charte », a-t-il souligné, reconnaissant toutefois que l'actuelle Charte avait « peut-être besoin d'être modernisée ». « La Russie a mis sur le papier une approche conceptuelle, tirée de sa propre expérience sur le marché mondial de l'énergie, en tant que grande puissance énergétique. Nous voulons être sûrs que, lorsque nous prenons des décisions d'investissements qui vont courir sur plusieurs décennies, la sécurité de nos livraisons vers le reste du monde pendant cette période est assurée », a pour sa part souligné M. Chmatko. Précisons que le document proposé par Moscou est un instrument international juridiquement contraignant, qui engloberait tous les grands pays producteurs et exportateurs d'énergie, les pays consommateurs et importateurs ainsi que les pays de transit ; il inclurait toutes les formes du commerce énergétique et rendrait les parties responsables des pertes si elles ne respectent pas les obligations de transit liées au traité.

Enfin, malgré les assurances de M. Piebalgs, qui s'est de nouveau employé à rassurer Moscou sur la déclaration signée fin mars entre l'UE et l'Ukraine sur la modernisation du système ukrainien de transit gazier et qui avait déclenché la fureur de Moscou, MM. Setchin et Chmatko ont mis l'accent sur les risques liés au transit du gaz russe vers l'Europe via le territoire d'autres pays. Après avoir assuré que Moscou était prêt à participer financièrement au bon fonctionnement du système de transit ukrainien, M. Setchin a exhorté tous les acteurs impliqués dans le transit d'hydrocarbures à faire preuve de responsabilité. Le vice-Premier ministre russe a notamment pointé du doigt les risques pour les livraisons d'hydrocarbures russes liés à l'exploitation, dans le sens direct, du gazoduc Odessa-Brody, prévue dans le cadre du projet Sarmatia, projet de coopération énergétique entre l'Azerbaïdjan, la Géorgie, la Lituanie, la Pologne et l'Ukraine, visant une plus grande indépendance de ces pays à l'égard de l'énergie russe (EUROPE n° 9521). (E.H.)

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