Bruxelles, 01/04/2009 (Agence Europe) - Les téléviseurs, les réfrigérateurs, les congélateurs, les lave-linge et lave-vaisselle devront répondre à des normes de consommation énergétique minimales pour être mis sur le marché à partir de la mi-2010. Dans le même temps, l'étiquetage énergétique de ces appareils, actuellement gradué sur une échelle allant de « A » (produits « verts », écologiques) à « G » (produits « rouges », à faible performance énergétique), est revu pour prendre en compte l'amélioration générale de la technologie. L'échelle sera complétée par de nouvelles notes excédant la meilleure catégorie « A », telles que « A-20% » ou « A-40% », signifiant que ces appareils électroménagers consomment 20% ou 40% de moins que ceux rangés dans la catégorie « A ». Dans le cadre du Comité de réglementation sur l'éco-conception, les experts des États membres ont, en effet, donné leur aval, mardi 31 mars, aux mesures, proposées par la Commission européenne, pour fixer des exigences obligatoires de performance énergétique concernant le gros électroménager et établir un système amélioré d'indication de la consommation d'énergie des produits concernés. Ces nouvelles mesures devraient, selon la Commission, favoriser une réduction de la consommation d'électricité annuelle de l'UE de 51 térawatt/heures d'ici 2020, soit la consommation du Portugal et de la Lettonie réunis.
Le nouveau système d'étiquetage énergétique n'est toutefois pas du goût du Bureau européen des unions de consommateurs, le BEUC, qui le juge « trompeur et confus ». Le BEUC déplore qu'aucun test n'ait été réalisé pour déterminer si le nouvel étiquetage était compréhensible pour les consommateurs. Il dénonce, en outre, l'influence exercée par l'industrie sur cette décision.
L'étiquetage de « A » à « G » a été introduit en Europe dans les années 90. Un maintien de ce système, sans amélioration, aurait nécessité de rétrograder certains appareils dans l'échelle de notation. Une perspective à laquelle s'opposaient les fabricants européens. Réunis sous la bannière du Comité européen des fabricants d'équipements domestiques, les fabricants d'appareils électroménagers s'étaient opposés, début février, à un reclassement simple qui aurait créé une pression négative sur la valeur perçue des appareils qui ont déjà atteint des hauts niveaux d'efficacité énergétique sur le marché et aurait compromis la capacité de l'industrie à investir davantage dans l'innovation. Le CEDED avait évoqué une perte de 1,5 milliard d'euros pour les fabricants d'électroménagers qui, depuis l'entrée en vigueur de la directive « étiquetage énergétique » en 1995, ont dépensé 15 milliards d'euros dans l'innovation en matière d'efficacité énergétique. Des dépenses qui ont permis une amélioration de l'efficacité énergétique de leurs produits de 20% tous les quatre ans.
Les normes minimales de consommation d'énergie proposées par la Commission et approuvées par les États membres vont toutefois éliminer, dès juillet 2010, les réfrigérateurs et les machines à laver de la catégorie « B » ou inférieure, nouvellement mis sur le marché. Deux ans plus tard, les nouvelles normes reviendront à écarter les nouveaux appareils correspondant à la catégorie « A ». (E.H.)