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Bulletin Quotidien Europe N° 9867
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/agriculture

Malgré les difficultés du secteur laitier, la Commission refuse de nouvelles mesures de marché

Bruxelles, 23/03/2009 (Agence Europe) - Les ministres européens de l'Agriculture ont débattu, lundi 23 mars à Bruxelles, de la situation difficile que traversent les producteurs de lait et de produits laitiers et se sont divisés en deux camps. D'un côté ceux qui, emmenés par l'Allemagne, demandent un report de la hausse de 1% par an des quotas de lait et la poursuite des mesures de marché. Et de l'autre, les pays dits « libéraux » (Danemark, Pays-Bas, Suède, Royaume-Uni), plus l'Espagne, qui ont estimé qu'il faut être plus compétitifs et plus présents sur le marché mondial et que, s'agissant des restitutions, il ne faut pas donner de mauvais signaux aux partenaires. L'Italie, le seul pays à avoir droit à une hausse de 5% de son quota en 2009, a lancé: « On ne touchera pas aux quotas ». La Belgique a suggéré de réactiver le régime d'aide à l'incorporation de lait écrémé en poudre dans l'alimentation animale (pour les veaux).

Mariann Fischer Boel, la commissaire européenne à l'Agriculture, a lancé, lors d'une conférence de presse: « Pas question de revenir sur l'accord du « bilan de santé » de la politique agricole commune (PAC). Il faut mettre un terme à cette confusion et j'espère que les ministres auront le courage d'être aussi clairs lorsqu'ils reviendront dans leurs pays devant les organisations d'agriculteurs ». Lors du bilan de santé de la PAC, les pays de l'UE se sont mis d'accord, après bien des hésitations, pour relever progressivement les quotas laitiers de 1 % par an à partir de 2009, avant leur disparition prévue en 2015.

Devant les ministres, Mme Fischer Boel a expliqué: « Bien que je sois heureuse de discuter avec vous de la gestion des mesures de soutien, je dois signaler que je ne suis pas prête à discuter d'une réorientation complète de la politique de l'UE en matière de lait et de produits laitiers », a répondu Mariann Fischer Boel. L'idée de suspendre les hausses de quotas décidées lors du bilan de santé de la PAC « ne va pas résoudre le problème actuel », a affirmé Mme Fischer Boel. La Commission s'est dite « très concernée par la détérioration du marché », avec un prix d'environ 20 cents par litre. Les prix du lait, après avoir beaucoup augmenté dans un premier temps, ont ensuite fortement baissé avec la crise économique, perdant 50 % par rapport à leur pic de l'automne 2007. Mais, en substance, la Commission a dit qu'elle avait fait le maximum s'agissant des restitutions et de l'intervention. Les deux mesures non encore utilisées (aide au lait écrémé en poudre pour aliments pour animaux et aide pour l'écoulement de la caséine) « ne seront pas efficaces dans les circonstances actuelles », a ajouté la commissaire à l'Agriculture. Seule petite concession: elle s'est dite prête à envisager, comme le demandent plusieurs pays, d'élargir (par exemple aux yaourts) la gamme de produits éligibles au programme communautaire de distribution de lait et produits laitiers dans les établissements scolaires.

Sur l'avenir, Mme Fischer Boel s'est montrée plutôt rassurante: « Nos mesures dynamiques de gestion ont arrêté la spirale de la baisse des prix » et les prix moyens se sont stabilisés autour du niveau du prix d'intervention. Enfin, la Commission constate une légère réduction de la production européenne de lait depuis le début de la campagne actuelle (la production européenne de lait devrait être de 4 à 5% inférieure aux quotas en 2008/2009 et idem en 2009/2010, selon les services de Mme Fischer Boel). Ceci montre que les exploitants comprennent que ce sont les prix du marché plutôt que les niveaux des quotas qui doivent déterminer leurs décisions en matière de production. « Les quotas ne sont pas une obligation à produire, mais juste une possibilité », a fait valoir la commissaire.

Mesures déjà prises. Entre le 23 janvier et le 19 mars, des restitutions à l'exportation ont été accordées pour:
(a) 50 000 tonnes de beurre et butteroil, (b) 61 000 tonnes de lait écrémé en poudre et (c) 60 000 tonnes de fromages. En outre, depuis le 1er mars, les achats publics (intervention) ont été déclenchés pour: 1) le beurre (le plafond de 30 000 a été atteint en trois jours, mais la Commission a accepté de poursuivre l'intervention par un système d'adjudications, et, la semaine dernière, 6 665 tonnes de beurre ont été acceptées), 2) le lait écrémé en poudre (après deux semaines, 50% du plafond de 109 000 tonnes ont été utilisés). Enfin, un régime avancé d'aide au stockage privé de beurre a commencé en janvier. Ouvert jusqu'au 15 avril, 60 000 tonnes sont été stockées jusqu'alors.

Mémorandum de 5 pays. L'Autriche, l'Allemagne, la Hongrie, la Slovénie et la Slovaquie ont remis un mémorandum sur la situation du marché du lait et des produits laitiers. Ces pays demandent d'avancer à 2009 (contre 2010 et 2012) la publication du rapport de la Commission sur la situation de ce marché et d'envisager, si besoin est, un report de l'augmentation graduelle des quotas (1% par an à compter du 1er avril 2009). Ils préconisent aussi une hausse des restitutions à l'exportation qui ont été réintroduites depuis fin janvier. Les États membres devraient aussi, selon le mémorandum, avoir la possibilité de retirer, temporairement du marché, certaines quantités de lait. La France (où les producteurs sont divisés sur la hausse des quotas laitiers) a estimé en substance qu'il fallait une discussion « sans tabous » lors des deux rendez-vous sur les quotas laitiers en 2010 et en 2012. Au regard de l'évolution des marchés, un ajustement des quotas laitiers pourra être décidé par les ministres européens, rappelle la France.

Certains pays, comme le Portugal, la Belgique et la France, ont préconisé plus de transparence (sur le prix que la grande distribution paye aux exploitants). La Hongrie et la Slovaquie, où la situation est jugée dramatique, commencent à évoquer la nécessité d'abattre des vaches laitières ou de les transformer en vaches allaitantes. Le ministre slovaque aurait même souhaité faire fonctionner la machine à remonter le temps, en préconisant la mise en place d'un prix garanti en faveur des producteurs laitiers de…40 cents par litre. (L.C.)

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