Bruxelles, 23/03/2009 (Agence Europe) - D'après une source européenne au Caire, non désignée, citée par les agences de presse, la relance du processus EuroMed, en panne depuis l'invasion de Gaza, serait une nouvelle fois retardée. À Bruxelles, des sources concordantes, européennes et arabes, estiment cette affirmation prématurée, même s'il n'est pas exclu que la réunion des hauts fonctionnaires (ambassadeurs) prévue mardi 7 avril pour amorcer cette relance des travaux soit reportée. Aucune annonce formelle n'est encore venue des deux co-présidents, à savoir l'Égypte et, jusque fin juin, la France pour la partie européenne.
Initialement, il était attendu que la fin des absences du groupe arabe au sein de l'Union pour la Méditerranée soit effective dès la tenue du « sommet » arabe fin mars à Doha. Mais l'hypothèque que représente la formation - en cours - d'un gouvernement israélien - dont feraient partie des mouvances politiques franchement hostiles au processus de paix paraît tempérer l'envie de relancer le dialogue. L'idée d'une conférence ministérielle extraordinaire en mai prochain est en cours d'examen mais « comment imaginer nous réunir avec Avigdor Liberman » s'il devenait ministre des Affaires étrangères d'Israël. M. Liberman, leader du parti « Israel beitenou », a à maintes reprises livré sans détours sa vision d'un règlement du conflit qui est en totale contradiction avec le consensus international (formule des deux États, reconnaissance mutuelle, etc.).
On estime par ailleurs, selon des commentaires d'acteurs directs du dialogue euro-méditerranéen, diplomates et fonctionnaires, que la question palestinienne n'est qu'un des aspects des facteurs de blocage. Le besoin de clarifier les objectifs de l'UpM semble se faire ressentir, mais c'est surtout la cohésion du groupe arabe - jugée défaillante - qui motiverait le plus la mise en panne. Le rôle de l'Égypte, en tant que coordinateur du groupe, est clairement contesté. (F.B.)