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Bulletin Quotidien Europe N° 9864
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Économie

Paul Krugman juge le plan européen de relance insuffisant

Bruxelles, 18/03/2009 (Agence Europe) - Agitant le spectre d'une « décennie perdue » pour l'économie européenne, à l'instar de l'expérience nippone des années 1990, le prix Nobel d'économie 2008, l'Américain Paul Krugman, a exhorté l'UE à « accroître drastiquement » ses dépenses pour dynamiser la demande et sortir de la récession. « Les États-Unis ne font pas assez pour combattre la crise et l'Europe fait un peu moins que la moitié de l'effort américain. C'est inadéquat », a estimé l'économiste de l'université de Princeton, rappelant que le Japon a perdu une décennie de croissance à cause des efforts tardifs et fragmentés de son gouvernement pour relancer l'économie après l'éclatement d'une bulle spéculative dans les années 1990. « Nous reproduisons tous la même chose en ce moment », a-t-il averti, après un échange de vues avec Günter Verheugen, mardi 17 mars à Bruxelles. M. Krugman plaide pour un paquet total de relance pour l'UE de près de 500 milliards d'euros, contre les 200 milliards attendus. « La réponse européenne est vraiment décevante », a insisté ce tenant convaincu du néo-keynésianisme, dans des propos peu en ligne avec ceux du commissaire européen à l'Industrie, attaché à ne pas injecter plus d'argent dans l'économie européenne à l'heure actuelle. « Nous ne sommes pas sûrs que cela aiderait vraiment d'injecter plus d'argent dans l'économie réelle », a souligné M. Verheugen, en phase avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui a estimé mardi que « dépenser pour dépenser peut facilement créer plus de problèmes qu'en résoudre ». Pour M. Krugman, les dépenses des plans américain et européen de relance devraient s'élever à 4% du PIB, contre 2,5% et 1,5% respectivement dans leurs moutures actuelles. La Commission européenne considère qu'en prenant en compte l'action des États providence (allocations chômage et contributions sociales), les dépenses du plan européen de relance, rapporté au PIB, atteignent 3,3%. Des mesures que M. Krugman salue toutefois car elles permettront de lutter contre la pauvreté. Enfin, le prix Nobel 2008 a estimé qu'une grande partie des problèmes de l'UE repose sur sa gouvernance décentralisée, où les États membres défendent toujours des intérêts nationaux avant les intérêts communs, et ce, en dépit d'une monnaie et d'une banque centrale communes. « L'Europe a un réel problème. Il serait vraiment utile que Bruxelles ait plus de pouvoir », a-t-il conclu. (E.H.)

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