Bruxelles, 18/03/2009 (Agence Europe) - Le commissaire à l'Élargissement, Olli Rehn, s'inquiète du fait que la principale force politique allemande, le parti démocrate-chrétien (CDU) présidé par la chancelière Angela Merkel, demande que l'UE s'octroie une longue pause d'élargissement après l'adhésion de la Croatie. « Nous traversons un contexte politique très difficile, avec la crise financière, la récession, l'approche des élections européennes et la ratification du Traité de Lisbonne. Mais l'UE peut faire plusieurs choses en même temps. Nous ne pouvons pas nous permettre de faire une pause dans notre précieux travail visant à la stabilité et à l'évolution de la société dans les pays des Balkans », a affirmé M. Rehn mardi devant des journalistes.
Dans son programme pour les élections européennes de juin, approuvé cette semaine lors d'un congrès à Berlin, la CDU se prononce pour une « phase de consolidation » après l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne. Pendant cette pause, « le raffermissement de l'identité et des institutions de l'Union européenne aura la priorité sur de nouvelles adhésions. Seule la Croatie pourrait faire exception à cette règle », lit-on dans le programme. Les autres pays des Balkans occidentaux (Serbie, Monténégro, Albanie, ARYM, Bosnie-Herzégovine, Kosovo) ont aussi une « perspective d'adhésion » mais leur processus d'intégration « prendra encore beaucoup d'années », précise Mme Merkel dans une interview vidéo publiée sur le site de son parti (http://www.cdu.de ). L'Allemagne fait partie des pays membres qui freinent en ce moment la candidature d'adhésion du Monténégro (EUROPE n° 9863) et qui ont établi un lien politique entre l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne et la poursuite de l'élargissement de l'UE (y compris en ce qui concerne l'adhésion de la Croatie). Pour Olli Rehn, l'UE ne peut pas se permettre une pause qui menacerait le facteur de stabilité que représente pour les Balkans le processus d'adhésion à l'UE. La stabilisation de ces sociétés vient « pour l'essentiel de leur perspective d'adhésion » à l'UE qui représente « un moteur essentiel pour les réformes et un ancrage de stabilité » pour l'Europe du Sud-Est qu' « il ne faut pas fragiliser », a-t-il expliqué mardi.
Notons encore que la CDU réitère aussi son appel en faveur d'un « partenariat privilégié » avec la Turquie plutôt qu'une adhésion du pays. Dans son interview vidéo, Mme Merkel déclare qu'elle souhaite, entre l'UE et Ankara, « des relations très très étroites, mais pas l'adhésion pleine et entière ». (H.B.)