Bruxelles, 18/03/2009 (Agence Europe) - Réunis du 16 au 19 mars à Marseille pour la conférence annuelle de l'association européenne de l'énergie éolienne (EWEA), les acteurs de l'éolien réclament un soutien financier pour une industrie en croissance et qui n'est pas confrontée à une baisse de la demande mais, comme d'autres secteurs, à l'assèchement du crédit. « L'industrie éolienne est fondamentalement saine », assure Michael Liebreich, analyste pour New Energy Finance. Les « fondamentaux du secteur » sont garantis par l'accord communautaire de décembre 2008 sur le paquet « énergie/climat », qui contraint les États membres à couvrir une partie de leurs besoins énergétiques en recourant aux renouvelables, renchérit le Luxembourgeois Claude Turmes (Verts). Selon le député européen, l'UE pourrait revenir, dans les semaines à venir, sur la part consacrée aux projets énergétiques dédiés aux renouvelables, dans le cadre du plan européen de relance. Le président d'EWEA, Christian Kjaer, regrette pour sa part que seulement 1,2% des 90 milliards d'euros consacrés à la relance via les plans nationaux soient consacrés aux investissements verts. En outre, il déplore que la BEI consacre 8 à 10 milliards à l'industrie automobile et moins d'un milliard aux renouvelables. Face à la crise et à l'assèchement du crédit, M. Kjaer appelle les capitales de l'UE à s'inspirer du plan de reprise américain qui prévoit des garanties d'emprunt pour des projets liés aux énergies renouvelables. Selon lui, tous les canaux de financement, y compris les prêts bancaires et les crédits à l'exportation, doivent être grands ouverts pour répondre à la demande. Se faisant l'écho des propos du président d'EWEA, Nabuo Tanaka, qui dirige l'Agence internationale de l'énergie (AIE) confirme la nécessité de baser les plans de relance sur des investissements verts, pour donner un stimulus à court terme et obtenir des bénéfices à long terme. S'il fait remarquer que l'éolien attire de nouvelles sources de financement (une étude récente indique que 75% des investisseurs institutionnels s'orienteront probablement davantage vers le secteur d'ici 2012), M. Liebreich souligne que la crise aura un impact sur 10 à 15% des projets devant être financés cette année. « Alors que la crise s'aggrave, il est particulièrement pertinent de soutenir le leadership technologique et de créer de nouvelles exportations compétitives et des emplois », martèle Roland Sundén, PDG de LM Glasfiber et président de la conférence. « L'éolien est un exemple qui montre comment investir intelligemment dans une économie durable tournée vers l'avenir en permettant à des milliers de personnes de trouver un emploi. L'éolien est devenu une force motrice de nos économies. C'est maintenant qu'il faut investir !», renchérit l'Allemande Mechtild Rothe (PSE). La contribution de l'éolien à la croissance est analysée dans un nouveau rapport d'EWEA, intitulé The Economics of Wind Energy, qui compare les coûts du vent à ceux d'autres technologies génératrices d'électricité. (E.H.)