Recul des investissements étrangers dans le monde en 2008. - Les flux mondiaux d'investissements directs étrangers (IDE) auraient diminué de 21% en 2008 pour atteindre 1 400 milliards de dollars et devraient continuer de baisser en 2009, selon les dernières estimations de la Cnuced (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement). Suite à la crise financière mondiale, de nombreuses sociétés ont annoncé des mesures visant à réduire leur production, à procéder à des licenciements et à comprimer leurs dépenses d'investissement, mesures qui ont contribué au recul des investissements. L'impact de la crise était très variable en fonction de la région et du pays concernés, il en va de même des effets sur la répartition géographique des flux d'IDE, souligne la Cnuced. À l'inverse de la crise financière de 1997, qui avait démarré dans les pays en développement d'Asie, la crise actuelle a débuté dans les pays développés qui ont été directement touchés alors que les effets sur les pays en développement ont été jusqu'à présent et dans la plupart des cas, indirects et plus ou moins graves. L'ensemble de ces éléments a eu des répercussions sur l'implantation des investissements et sur les flux d'IDE. Selon les données provisoires de la Cnuced, les flux d'IDE ont diminué d'environ 33% en 2008 dans de nombreux pays développés (840 milliards de dollars en 2008 contre 1 247 milliards en 2007). Les pays les plus touchés seraient l'Allemagne, la Finlande, la Hongrie, l'Italie et le Royaume-Uni. Les fusions et acquisitions internationales dans les pays développés ont enregistré un recul similaire de -33% (opérations d'un montant de 982 milliards de dollars en 2008 contre 1 454 milliards en 2007). Les statistiques préliminaires pour les pays en développement et les pays en transition indiquent que les entrées d'IDE ont mieux résisté, même si les effets les plus graves de la crise n'ont pas encore été pleinement répercutés dans ces pays en fin d'année. Les entrées d'IDE auraient, elles, été ralenties par rapport à 2007 (année où leur progression a été supérieure à 20%) mais elles auraient continué d'augmenter en 2008 pour atteindre +4% selon les estimations, soit 518 milliards de dollars (500 milliards en 2007). Les flux à destination de l'Afrique auraient dépassé 60 milliards de dollars en 2008 (contre 53 milliards en 2007) malgré le fléchissement de la croissance mondiale et de ses conséquences néfastes pour la région. Les flux à destination de l'Asie occidentale auraient chuté pour leur part considérablement (de plus de 20%), après le record de l'an dernier (72 milliards de dollars en 2007 et 56 milliards en 2008). En revanche, les flux à destination de l'Amérique latine et des Caraïbes auraient mieux résisté avec une augmentation de 13% en 2008 (soit 142 milliards de dollars contre 126 milliards en 2007), en partie grâce à la forte progression des entrées d'IDE en Amérique du Sud. Elles auraient par contre diminué en Amérique centrale et dans les Caraïbes, traditionnellement plus dépendantes des États-Unis. Les flux d'IDE à destination des pays en transition d'Europe du Sud-Est et de la Communauté des États indépendants (CEI) auraient continué d'augmenter malgré la crise financière, le ralentissement de l'économie mondiale et les conflits régionaux, enregistrant une hausse de 6% environ en 2008. Parmi les pays en développement et les pays en transition, les grands pays (Brésil, Fédération de Russie, Inde et Chine) auraient tous vu leurs investissements progresser en 2008. Par ailleurs, les fusions et acquisitions internationales réalisées dans les pays en développement ont, elles aussi, augmenté de 16% environ au cours de l'année dernière, l'Asie et l'Afrique arrivant en tête bien que le continent africain parte d'un niveau généralement plus bas. À court terme, les répercussions néfastes des crises financière et économique sur les IDE devraient continuer de prévaloir et de contribuer à leur baisse dans le monde en 2009. La chute se généralisera aux pays en développement, néanmoins plusieurs facteurs positifs interviendront et entraîneront tôt ou tard une reprise des flux internationaux d'investissement. (I.L.)