Bruxelles, 16/03/2009 (Agence Europe) - L'avenir des activités en Europe du groupe automobile américain General Motors était au centre de la réunion ministérielle de crise, vendredi 13 mars à Bruxelles, à laquelle ont participé, aux côtés du numéro deux du groupe aux Etats-Unis, Fritz Henderson et du PDG de GM Europe, Carl Peter Foster, les commissaires Günter Verheugen (Industrie), Neelie Kroes (Concurrence) et Vladimir Spidla (Emploi & Affaires sociales), ainsi que les ministres de l'Économie ou de l'Industrie de 12 États membres directement concernés par les difficultés de GM, par la présence sur leur territoire d'usines de production de voitures ou de pièces détachées (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Hongrie, Luxembourg, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Suède). L'objectif de cette réunion informelle était triple: assurer que tous les États membres et la Commission soient informés de la même manière, permettre un échange de vues, direct et coordonné avec GM, confirmer que les États membres ne prendront pas de mesures nationales sans information et coordination préalables avec les autres pays concernés et affirmer la protection du marché intérieur, assure la Commission dans un communiqué.
Après un exposé de la situation de GM en Europe par MM. Henderson et Foster, les discussions se sont poursuivies à huis clos. Réaffirmant, comme lors du Conseil Compétitivité du 6 mars (EUROPE n° 9855), la nécessité d'une approche politique cohérente et coordonnée pour l'industrie automobile européenne, fondée sur la responsabilité première des entreprises face à la crise, les ministres ont affiché leur unité face au groupe américain soupçonné de susciter une compétition au mieux disant entre les capitales pour éviter la fermeture de certains sites de sa filiale allemande Opel. General Motors, qui emploie 55 000 personnes en Europe et a d'ores et déjà prévu de vendre sa filiale suédoise Saab, réclame 3,3 milliards d'euros d'aides publiques pour Opel, dont les sites allemands de Bochum et Eisenach et belge d'Anvers sont les plus menacés. Craignant que le site d'Anvers ne fasse les frais d'un arrangement entre le gouvernement allemand et GM, la Flandre a multiplié les démarches pour tenter d'éviter le pire, se disant prête à accorder 300 millions d'euros de garanties pour sauver le site. Concentrant, avec près de 26 000 emplois, la moitié des effectifs d'Opel, l'Allemagne doit elle aussi composer avec un dossier sensible, puisque sa chancelière Angela Merkel, qui plaide pour le maintien du constructeur allemand uniquement s'il est viable, est pressée par le SPD de le sauver coûte que coûte. (E.H.)