Bruxelles, 16/03/2009 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont décidé lundi de prolonger pour un an les « mesures restrictives » (interdiction de séjour sur le territoire de l'UE et gel des avoirs) en place depuis 2006 contre les principaux dirigeants du Bélarus coupables de violations des droits de l'Homme et de non-respect des libertés fondamentales. Cependant, afin d'encourager le président Alexandre Loukachenko à poursuivre sur la voie d'une (timide) ouverture démocratique constatée ces derniers mois, le Conseil « Relations extérieures » a suspendu l'application d'une partie de ces sanctions - à savoir l'interdiction de visas - pour une durée de 9 mois, soit jusqu'à mi-décembre de cette année. En revanche, le gel des avoirs des personnes concernées reste entièrement en vigueur. En pratique, la situation reste donc pour l'instant inchangée car en octobre 2008 le Conseil avait déjà suspendu les mesures ; cette suspension est aujourd'hui prolongée pour neuf mois supplémentaires. À la fin de l'année, le Conseil procédera à une « réévaluation profonde » des sanctions. En cas de développement positif au Bélarus, la possibilité d'une levée des mesures pourrait être envisagée, soulignent les ministres dans des conclusions adoptées lundi.
L'UE reste disposée à approfondir ses relations avec le Bélarus pourvu que le pays fasse des progrès concrets en matière de démocratie, de droits de l'Homme et d'état de droit, lit-on dans les conclusions. En cas d'amélioration substantielle sur ces différents plans, l'UE est prête à inclure Minsk dans la politique européenne de voisinage (PEV) et dans le « Partenariat oriental » qui doit être lancé lors d'un sommet le 7 mai à Prague. La question d'une éventuelle invitation du président biélorusse à ce sommet « n'a pas été abordée » lundi durant la réunion du Conseil, affirme un porte-parole de la Présidence tchèque. Les chances de voir M. Loukachenko apparaître sur la photo de famille du sommet de Prague semblent cependant très minimes, estiment des diplomates.
À l'issue de la réunion, le président du Conseil, Karel Schwarzenberg, s'est dit optimiste que les autorités à Minsk auront compris le message du Conseil. « Je pense vraiment que la décision d'aujourd'hui encouragera (le président Loukachenko) à prendre des mesures » supplémentaires en matière d'ouverture démocratique « dans l'intérêt de son peuple », a estimé le ministre tchèque des Affaires étrangères. Il a notamment insisté sur le fait que le Bélarus devra respecter tous ses engagements pris dans le cadre de l'OSCE. (H.B.)