Florence, 16/03/2009 (Agence Europe) - L'Assemblée générale annuelle du Forum global d'associations de régions (FOGAR) s'est tenue à Florence, jeudi 12 et vendredi 13 mars, à l'invitation de Claudio Martini, président de la région Toscane et du FOGAR. Cette réunion a regroupé une vingtaine de représentants de régions de cinq continents ainsi que plusieurs organisations impliquées dans la thématique des régions. Un Memorandum of Understanding a été signé lors de l'Assemblée à Florence entre le FOGAR et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) pour regrouper et coordonner les différentes régions.
Abdourahim Agne, ministre de l'Aménagement du territoire et de la Coopération décentralisée de la République du Sénégal, a partagé avec la salle les informations concernant le projet de plateforme de partenariat innovant établie par le PNUD dans les régions de l'Afrique de l'Ouest. La plateforme a été créée en raison de « l'absence de politique mobilisant les populations au niveau supranational », a dit M. Agne. Le vide doit être comblé par des politiques de cohésion régionale à plusieurs niveaux, par l'établissement d'une zone transfrontalière et en éliminant les frontières, surtout pour faire face aux problèmes environnementaux et climatiques qui vont au-delà des limites géographiques.
Un des gros problèmes vécus par l'Afrique et par l'Europe est l'immigration: il faut que l'Afrique arrive à retenir ses jeunes populations sur leur continent car « s'ils viennent en Europe, c'est le début des problèmes ». La plateforme cherche à mener une véritable politique d'aménagement du territoire, démarche qui ne peut pas être entreprise dans les pays individuels car cela coûte trop cher et que le processus se fait sur le long terme, souvent à l'échelle de 25 ans, a souligné M. Agne. Cependant, « le problème doit être réglé d'urgence en Afrique », a-t-il indiqué. L'objectif final de la plateforme serait « d'appuyer les régions à se prendre en charge ».
M. Agne a dit à EUROPE que la « coopération se passe bien » entre l'Afrique et l'Europe et que les « résultats sont substantiels », compte tenu « des moyens relativement faibles ». Les fonds européens restent cependant difficiles à obtenir: le processus est « très compliqué, très bureaucratique et très long et on ne peut pas attendre aussi longtemps », nous a-t-il indiqué. La solution qu'il préconise serait que « l'Union européenne dépoussière ses procédures [pour les rendre] plus transparentes et plus soucieuses de la situation réelle de nos régions ».
Klaus Klipp, secrétaire général de l'Assemblée des régions en Europe, a proposé aux régions membres du FOGAR de venir lui parler afin qu'il leur donne un exemple de comment fonctionne une coopération: « ça peut aider de voir comment on gère des réseaux entre régions ».
Marie-Ange Orihuela, directrice au secrétariat général de la Conférence des régions périphériques maritimes d'Europe (CRPM), a présenté la communication de la Commission européenne sur le Programme intitulé « Les acteurs non étatiques et les autorités locales dans le développement » (ANEAL). Le programme a été « un cauchemar » jusqu'à présent car l'aide au développement a été conçue au départ pour les Organisations non gouvernementales et non pour les autorités locales. Ces dernières étaient habituées à demander des fonds auprès de leur gouvernement mais, aujourd'hui, elles doivent le faire au niveau européen et les pratiques sont très différentes, a dit Mme Orihuela à EUROPE. Les autorités locales doivent donc se réadapter, mais « l'Union européenne doit [elle aussi] mieux connaître la réalité des autorités locales car avant elle était plus habituée aux ONG », nous a-t-elle expliqué. Cependant, « les démarches restent très collaboratives », rassure-t-elle. D'autant plus que le contexte de la crise fait que les fonds vont diminuer et qu'ils iront aux candidats les plus efficaces ; donc, il faut apprendre aux régions à l'être davantage. La première étape du programme ANEAL a été la reconnaissance officielle des régions et des autorités locales par la Commission. En 2010, la « mid term review » des perspectives budgétaires 2008-2010 aura lieu et permettra de commencer la deuxième phase du programme: la mise en œuvre des projets. Cependant, « les fonds doivent être d'autant plus multilatéraux », a estimé Mme Orihuela, en suivant les principes de la déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide. (E.M.)