Bruxelles, 18/02/2009 (Agence Europe) - Les pays européens doivent améliorer leurs procédures d'asile pour augmenter les chances des demandeurs d'obtenir une protection internationale, a indiqué, mercredi 18 février, Jacques Barrot, le commissaire européen chargé de la Justice, de la Liberté et de la Sécurité. « Aujourd'hui, dans certains États membres, il est difficile d'obtenir une protection selon la Convention de Genève », a-t-il déclaré. « Il faut éviter qu'il y ait des États membres où cette politique d'asile soit trop faible », a ajouté le commissaire, rappelant qu'il était bien décidé à mettre fins aux « distorsions » entre les pays concernant le niveau de reconnaissance des demandes d'asile. « La Belgique, la Suède et l'Italie prennent environ une décision positive sur quatre demandes d'asile alors que la Slovaquie, la Grèce ou la Slovénie ne prennent que trois décisions positives sur cent », a déploré M. Barrot. Par ailleurs, un Tchétchène a 63 % de chance d'être protégé en Autriche et 0 % en Slovaquie et 98 % des demandeurs d'asile sont protégés à Malte mais très peu, pour ne pas dire aucun en Grèce et en Espagne, a-t-il dit. Le commissaire a donc jugé « indispensable » que les pays de l'UE rapprochent non seulement leurs législations, mais aussi leurs pratiques en matière d'asile. À cette fin, il a rappelé qu'il présentera au mois d'avril prochain un projet de révision des directives sur les procédures d'asile et sur la qualification du demandeur et cet été (juillet), un programme européen de « réinstallation » de réfugiés dans l'UE.
Le commissaire s'exprimait à l'occasion de la présentation du projet de « Bureau européen d'appui en matière d'asile » qui a fait l'objet d'une ample présentation dans notre bulletin précédent (EUROPE n° 9842). Ce Bureau est le dernier instrument en date pour tenter de progresser sur la voie de la mise en cohérence des politiques d'asile des différents États membres. Sa création a été prévue dans le Pacte européen sur l'immigration et l'asile proposé par la France et adopté en 2008 par les dirigeants de l'UE. Certains pays avaient toutefois insisté pour que la France revoie à la baisse les pouvoirs de cette structure. « Ce bureau n'aura pas de pouvoir décisionnel, car il faut le dire et le répéter, en matière d'asile, ce sont les autorités nationales qui prennent la décision de l'accorder ou de le refuser », a indiqué M. Barrot. « Ce bureau sera une agence de régulation. Il ne sera pas chargé de décider et son budget sera modeste», a-t-il dit. Il n'en demeure pas moins que ce Bureau sera « un outil extrêmement efficace » pour répondre de manière coordonnée aux demandes d'asile en Europe, a-t-il expliqué, se félicitant que les États aient enfin compris avec le Pacte, que le droit d'asile était impérieux et qu'il fallait l'exercer de manière solidaire et harmonisée. Dans l'ensemble, les ONG ont plutôt bien accueilli la nouvelle proposition de la Commission estimant que cela permettrait d'arriver à la mise en place de systèmes d'asile plus justes en Europe. Le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) des Nations unies, qui travaillera en étroite collaboration avec le futur Bureau a toutefois dit espérer que le Bureau aura « le mandat et les ressources nécessaires pour aider les États membres à répondre aux nombreux défis concrets auxquels ils doivent faire face ». De son côté, le Conseil européen pour les réfugiés et les exilés (ECRE) dit ne pas vouloir voir cette agence devenir « un club exclusivement ouvert aux gouvernements », mais plutôt un organe de coopération entre les États membres, le Parlement européen, le HCR et les experts indépendants travaillant pour les gens fuyant les persécutions. (B.C.)