Bruxelles, 18/02/2009 (Agence Europe) - Les agriculteurs et les coopératives agricoles européennes s'inquiètent de plus en plus de la crise qui sévit actuellement sur les marchés agricoles. Les prix à la production pour nombre de produits agricoles ont enregistré une baisse significative au cours de ces derniers mois, tandis que les coûts de production ont fortement augmenté.
Dans un communiqué de presse publié mardi 17 février, Jean Michel Lemétayer, le président du Copa (Comité des organisations professionnelles agricoles de l'UE), déclare: « Nous voyons se dérouler sous nos yeux une crise au sein de l'agriculture européenne. Une forte baisse des prix des produits agricoles conjuguée à une hausse des coûts de production a entraîné une chute de près de 5% du revenu réel des agriculteurs en 2008. Si rien n'est fait, il est très probable que les protestations que nous avons déjà pu voir dans des pays comme la Grèce, la Bulgarie et les pays baltes, prennent de l'ampleur ».
Gert van Dijk, le président de la Cogeca (Confédération générale des coopératives agricoles de l'UE), appelle la Commission européenne à prendre des mesures pour « lutter contre les déséquilibres de pouvoir existant dans la chaîne alimentaire ». Il s'interroge: Comment attendre des consommateurs qu'ils déboursent la même somme pour les produits alimentaires qu'ils achètent au supermarché, alors que le prix perçu par les agriculteurs baisse? Et M. van Dijk de préconiser: - « plus de transparence » dans la chaîne alimentaire ; - une analyse (par la Commission) des mécanismes de transmission des prix ; - des mesures pour encourager les agriculteurs à utiliser pleinement le potentiel de leurs coopératives.
Le Copa et la Cogeca écrivent qu'ils ont à plusieurs reprises attiré l'attention sur le fait que les marchés alimentaires mondiaux « sont devenus beaucoup plus volatils ». Pour maintenir la sécurité alimentaire en Europe et assurer les approvisionnements en denrées alimentaires de qualité élevée et produites de manière durable, « les décideurs politiques doivent introduire de toute urgence des mesures visant à prévenir les fluctuations les plus extrêmes de marché et s'assurer que l'on utilise les instruments de gestion des marchés qui restent encore à disposition », concluent les organisations agricoles de l'UE (http://www.copa-cogeca.eu ). (L.C.)