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Bulletin Quotidien Europe N° 9843
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/sport

Le président de l'UEFA, Michel Platini, défend l'exception sportive et refuse d'assimiler le football à une activité purement économique

Bruxelles, 18/02/2009 (Agence Europe) - « Le football est une grande école de la fraternité et de la diversité. Si nous voulons que tout reste tel quel, il faut que tout change, c'est-à-dire changer radicalement certains comportements et certaines règles », a déclaré Michel Platini. Le président de l'Union des associations européennes de football (UEFA) a vigoureusement défendu l'exception sportive devant les députés du Parlement européen, mercredi 18 février, dénonçant sans faux-semblants les comportements mercantiles et une approche économique du football.

Pour Michel Platini, ce sport ne se résume pas au football d'élite, qui ne représente qu'1% de ceux qui pratiquent officiellement ce sport, mais englobe surtout une multitude d'acteurs qui défendent dans le football de base des valeurs essentielles de solidarité et de fraternité. Saluant l'implication du Parlement pour défendre un modèle sportif européen et les valeurs du football, ainsi que les initiatives de la Commission européenne pour reconnaître la spécificité du sport dans son « Livre blanc », l'ancien footballeur tire cependant la sonnette d'alarme. « Il existe toujours une tendance un peu perverse au sein des institutions européennes qui consiste à nier l'unité de la pyramide du football et à isoler son sommet professionnel », ce qui a pour but « d'accréditer l'idée fausse que la partie professionnelle du football est une activité économique comme les autres ». Michel Platini s'est ainsi montré fermement opposé à l'application du droit de la concurrence au modèle sportif qui revient, selon lui, à nier la spécificité sportive. « Nous refusons catégoriquement d'être enfermés dans une camisole de force ou dans des modèles préfabriqués qui reposeraient sur la fausse équation: sport professionnel = activité purement économique ! », a-t-il indiqué. Les plus grands clubs sont des nains financiers à côté des géants tels que Microsoft ou Exxon et les faire obéir à la logique économique a des conséquences dramatiques sur les clubs formateurs et très souvent amateurs qui constituent l'ossature fondamentale du football social, a poursuivi le président de l'UEFA. Il a d'autre part évoqué la question des transferts de joueurs pour des sommes faramineuses et l'opportunité d'établir des « salary cap » pour plafonner les salaires des joueurs. L'UEFA examine actuellement l'idée de lier dans une certaine mesure les dépenses de personnel d'un club, masse salariale et transferts, à un pourcentage à définir de ses revenus sportifs directs et indirects, cela afin de rétablir un certain équilibre dans les compétitions sportives, a-t-il précisé.

Abordant le délicat problème des transferts de jeunes joueurs mineurs, M. Platini a dénoncé la proposition de la Commission européenne de baisser à 16 ans l'âge minimum requis pour la libre circulation des travailleurs. Cette proposition favorise le trafic international d'enfants dans le cadre spécifique du football car les adolescents attirés dans des pays européens par des agents peu scrupuleux qui leur font miroiter une carrière internationale se retrouvent pour la plupart d'entre eux complètement livrés à eux-mêmes, déracinés, sans papiers et sans avoir eu la possibilité d'achever une scolarisation de base. « C'est du proxénétisme sportif (…) Il faut interdire les transferts internationaux de joueurs de moins de 18 ans, en pleine concordance avec les statuts de la FIFA ! », a insisté le président de l'UEFA. Revenant au rôle des agents de joueurs, il s'est prononcé en faveur de règles pour encadrer davantage cette profession qui reste indispensable pour épauler les jeunes joueurs mais qui ne requiert aucune compétence particulière, donnant lieu à de nombreux abus. « Les agents doivent exister mais il faut des règles », a expliqué Michel Platini. La question est actuellement en discussion au sein de la FIFA, a-t-il poursuivi, en ajoutant que si la libre circulation des travailleurs reste établie à plus de 18 ans, bon nombre de pratiques véreuses disparaîtraient d'elles-mêmes. « Je ferai tout pour le sport que j'aime et les valeurs qu'il véhicule. Je ferai tout mais je vous demande de faire le reste », a-t-il conclu. (I.L.)

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