Bruxelles, 18/02/2009 (Agence Europe) - Lors d'une conférence de presse, les députés Adamos Adamou (GUE/NGL, chypriote), rapporteur sur la proposition de directive visant à lutter contre la contrefaçon de médicaments, Jorgo Chatzimarkakis (ADLE, allemand) et Françoise Grossetête (PPE-DE, française) ont regretté, mardi 17 février, le caractère tardif, en cette fin de législature, de la présentation de cette proposition. Soulignant le développement de cette activité criminelle qui concerne de plus en plus le marché européen, ils entendent corriger certaines lacunes de la proposition de la Commission, notamment en ce qui concerne la lutte contre l'offre de faux médicaments sur Internet. Insistant sur la nécessité de garantir à la fois la sécurité des patients et leur accès à des médicaments de qualité à des prix abordables, le rapporteur a concédé qu'il ne croit pas qu'il sera encore possible à ce Parlement de se prononcer sur la proposition de la Commission. Selon M. Adamou, le calendrier le plus probable pourrait correspondre à un vote en commission en octobre et un vote en plénière en décembre. Mais, ajoute-t-il, ce qui est important, c'est de « ne pas faire d'erreur » et de prendre le temps d'un « examen très sérieux » de ce dossier. Très critique vis-à-vis de la Commission, M. Chatzimarkakis lui a en particulier reproché de n'avoir rien proposé pour lutter contre la contrefaçon sur Internet. Il souhaite que la Commission présente une liste des sites autorisés à vendre des produits pharmaceutiques en Europe. Si elle est également favorable à une intervention sur Internet, Mme Grossetête insiste sur une traçabilité rigoureuse, comme celle mise en place dans le secteur de l'alimentation, et un contrôle adéquat des pratiques de reconditionnement. Elle a évoqué la possibilité d'aller « vers une harmonisation des dosages des médicaments », afin de réduire les risques liés à la manipulation des produits pharmaceutiques, notamment dans les activités de commerce parallèle.
Le président de Sanofi-Aventis, Jean-François Dehecq, a déploré que l'on « a laissé se développer l'industrie de la contrefaçon (…) une activité criminelle qui est devenue maintenant un problème pour toute la société du nord ». Dans le domaine du médicament, on est devant un vrai problème de santé publique et, souligne M. Dehecq, cela n'a rien à voir avec la contrefaçon dans le secteur de l'habillement: « Je ne connais pas un patient qui ait envie d'acheter un médicament contrefait », dit-il. Affirmant que la lutte contre la contrefaçon n'est tournée ni contre les génériques, ni contre le commerce parallèle, M. Dehecq a rappelé l'importance du phénomène de la contrefaçon qui, selon l'OMS, représente aujourd'hui 10% du marché mondial du médicament, soit 45 milliards d'euros. Sur Internet, le marché de la contrefaçon connaîtrait une croissance de 50% par an, a-t-il ajouté.
La représentante de l'organisation de patients EPF, Roxana Radulescu, s'est félicitée de la proposition de la Commission, en insistant sur (1) la nécessité de développer une approche centrée sur le patient, (2) un cadre réglementaire qui respecte l'accès du patient à des médicaments de qualité à un coût abordable, (3) l'importance d'une information des patients sur les risques que présentent les produits contrefaits, (4) la prise en compte des intérêts des patients dans les autres régions du monde et (5) la création d'un label de qualité pour les sites Internet. (O.J.)