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Bulletin Quotidien Europe N° 9843
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Considérations sur quelques vérités cachées derrière la crise économique

La manière dont les plans anticrise sont proposés, annoncés ou commentés fait abstraction de certaines considérations fondamentales, qu'elles soient volontairement négligées ou tout simplement ignorées par qui n'y a jamais réfléchi. Il est impossible de répéter à chaque occasion les remarques générales qui constituent la toile de fond de la situation réelle ; mais les responsables aussi bien que les commentateurs devraient les avoir toujours à l'esprit. Je vais en citer trois, la première ayant un caractère global, la deuxième de nature économique et la troisième concernant un secteur industriel spécifique,

L'explosion de la population mondiale. Les chiffres sont connus, personne n'ignore que la population mondiale a littéralement explosé, après des milliers d'années de croissance modérée, et que le rythme actuel n'est pas tenable. Il est compréhensible que cet aspect n'occupe pas beaucoup d'espace dans les discussions et les projets économiques urgents ; il est plus étonnant qu'il soit pratiquement absent des débats sur le changement climatique et sur les risques de pénuries alimentaires, où il est de toute évidence essentiel.

Les calculs et les prévisions sur l'explosion démographique ne manquent pas. Ce qui fait défaut, ce sont les enseignements à en tirer. On prouve par les chiffres que le programme de croissance de tel ou tel pays ou continent sera inefficace et radicalement insuffisant face à la poussée démographique ; on démontre que la déforestation, la destruction d'espèces animales et végétales, la désertification, sont inévitables au rythme actuel d'expansion de la population mondiale. Mais jamais un mot pour dénoncer la cause essentielle des désastres annoncés, sur la nécessité de la corriger. Des savants visionnaires annoncent des projets délirants de colonisation d'autres planètes, au lieu de dénoncer le caractère insoutenable de l'expansion illimitée de la population mondiale. Le rythme actuel est insoutenable pour la planète terre. Ce n'est pas la vie qui sera détruite, mais l'humanité. La vie continuera sans l'homme. L'hégémonie des dinosaures a duré quelques millions d'années ; celle de l'homo sapiens n'aura duré que quelques milliers d'années, une seconde dans l'histoire de l'univers. Ces considérations ne peuvent pas influencer les plans et les comportements visant à faire face aux défis immédiats, mais les décideurs devraient les avoir à l'esprit pour l'avenir.

Croissance économique et calcul du PIB. Les autorités politiques continuent à évaluer le bien-être des peuples et les objectifs économiques en termes de croissance du produit intérieur brut (PIB). Mais un nombre croissant d'économistes reconnaît que les paramètres actuels ne sont pas valables ; un niveau de prospérité matérielle, création de biens, analogue à celui atteint dans les pays industrialisés n'est pas tenable pour le monde comme ensemble. Les ressources de la terre seraient bientôt épuisées. La première réforme indispensable concerne la méthode de calcul du PIB fondée sur le volume de la production et de la consommation. D'après ces critères, si l'on élimine certaines maladies, l'activité des hôpitaux diminue, ainsi que la consommation de médicaments, avec le résultat que le PIB baisse ! Idem si l'on parvient à réduire la consommation de pétrole et d'autres sources d'énergie, et ainsi de suite. Plus on consomme de richesses naturelles (poissons, minerais), plus on abîme la nature (l'eau, l'air, la végétation), et plus le PIB augmente, et on s'en félicite, alors que les ressources de la terre s'épuisent ! Heureusement, de nouvelles méthodes de calcul progressent ; les responsables politiques, y compris les parlementaires, devraient en tenir compte.

Le nombre de constructeurs automobiles devra diminuer. Chaque pays est en train de multiplier les efforts, parfois très coûteux, pour sauver « son » industrie automobile. C'est compréhensible, c'est même, pour le moment, indispensable, car cette industrie a un impact parfois décisif sur l'activité économique et sur l'emploi. Mais personne, ou presque, n'ose affirmer que le nombre de firmes, de producteurs, devra inévitablement se réduire, maintenant que des pays immenses comme la Chine et l'Inde sont entrés dans le stade de la production intensive. Il suffit de regarder ce qu'a réussi la petite Corée pour s'imaginer ce que peuvent faire les deux colosses, auxquels d'autres (comme le Brésil) s'ajouteront le moment venu.

Il faut reconnaître qu'actuellement la qualité des voitures est élevée presque partout. La guerre pays contre pays, firme contre firme, conduira à des faillites éclatantes et douloureuses. Les firmes doivent se regrouper (en partie elles l'ont déjà fait ou s'y préparent) et leur nombre diminuera inévitablement. Les incitations à l'achat d'une voiture neuve peuvent avoir un effet immédiat positif, mais il ne peut pas être durable. Lorsque la plupart des clients auront acheté le modèle à basse consommation et écologique, ils ne le renouvelleront pas chaque année. Les autorités devraient regarder la vérité en face. (F.R.)

 

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