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Bulletin Quotidien Europe N° 9835
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Écofin

Une première analyse nuancée des mesures de relance

Bruxelles, 06/02/2009 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de l'UE feront, mardi 10 février, une première évaluation horizontale des plans nationaux de relance et de leurs conséquences pour les politiques budgétaires et structurelles. Si les plans de sauvetage ont empêché un effondrement du système financier, les marchés du crédit demeurent très fragiles et l'objectif d'assurer des prêts à l'économie réelle à des taux d'intérêt normaux n'a pas encore été atteint, constate le Comité économique et financier (CEF) dans une note élaborée en vue du Conseil Écofin. Ce point doit rester prioritaire, au moment où la pression sur les finances publiques s'accentue sous l'effet des mesures budgétaires et des écarts entre les emprunts d'État.

À la lumière des dernières prévisions de la Commission, la contribution de la politique budgétaire à la relance de l'économie en 2009 et 2010 est estimée entre 3% et 4% du PIB. Un tiers de l'impact environ est dû à des mesures discrétionnaires et l'effet des stabilisateurs automatiques est estimé à 1,75% du PIB. Particulièrement forts en Europe (leur effet est le double de ce qu'il peut être aux États-Unis), ces dispositifs permettent d'atténuer les effets de la conjoncture, le budget des États prenant spontanément en charge une part des difficultés. Compte tenu de ces éléments, le déficit budgétaire moyen pour l'UE à 27 devrait s'élever à 4,8% en 2010, le plus haut niveau de ces quinze dernières années. Les mesures de soutien budgétaire mises en œuvre depuis mi-2008 représentent un changement dans les prévisions budgétaires initiales d'environ 1% du PIB de l'UE, souligne le CEF en reprenant l'analyse de la Commission. Ces efforts, qu'ils portent sur les recettes ou les dépenses, semblent être opportuns, puisqu'ils produisent leurs effets en 2009, mais sont pour partie seulement temporaires et ciblés. « Cela suggère que de la détermination politique sera nécessaire pour inverser la tendance budgétaire expansionniste une fois que la crise sera passée », prévient le CEF.

Les réponses des États membres présentent des différences significatives, tant dans les mesures approuvées que dans leur impact budgétaire, poursuit-il, en constatant aussi une tendance chez certains à inscrire des opérations, notamment les injections de capital, comme de la dette et pas du déficit. Jusqu'à présent, environ 6% du PIB de l'UE a été injecté dans le secteur financier (sous forme de recapitalisations ou en liquidités) et les garanties apportées au secteur s'élèvent à environ 19% du PIB de l'UE, explique le CEF. En conséquence, la dette et les déficits se creusent rapidement, de sorte que certains pays atteignent un point où le début de la consolidation budgétaire en période de croissance faible ou négative pourrait comporter moins de risques pour l'économie que d'attendre un redressement conjoncturel. Une certaine différenciation selon la situation de chaque État membre dans l'application du Pacte de stabilité et de croissance et une stratégie coordonnée de retour à la consolidation budgétaire s'avèrent nécessaires, ajoute le document.

Concernant les réformes structurelles, les soins de santé et les retraites doivent rester prioritaires, mais il faut s'assurer que les mesures sans avantages à long terme pourront être remises en cause le moment venu. Car si la plupart des mesures adoptées sont conformes au programme de Lisbonne, de nombreuses réformes visent à limiter l'impact immédiat du ralentissement. La communication sur la situation économique et les efforts de relance sera « extrêmement difficile » dans les mois à venir, observe aussi le CEF. Lorsque les effets du ralentissement deviendront pleinement visibles pour la croissance et l'emploi, la pression augmentera en effet pour que les gouvernements prennent des mesures additionnelles coûteuses. Mais la marge de manœuvre budgétaire est maintenant bien plus réduite. (A.B.)

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