Bruxelles, 06/02/2009 (Agence Europe) - Mardi 3 février, le Parlement européen a choisi de suivre le groupe des Verts/ALE en adoptant, par 358 voix pour, 271 contre et 28 abstentions, la résolution alternative qu'ils ont déposée au rapport d'Anna Zaborska (PPE-DE, slovaque) sur la non-discrimination basée sur le sexe et la solidarité entre les générations. Cette résolution a été déposée par Monica Frassoni, Hiltrud Breyer, Raül Romeva i Rueda et Heide Rühle.
Ce faisant, le Parlement a rejeté le rapport d'initiative de Mme Zaborska, qui avait été adopté en commission parlementaire « Droits de la femme/Égalité des chances » (avec le désaccord des Verts/ALE) et dont le message clé était: (1) le concept de la solidarité entre les générations ne se limite pas aux soins aux enfants mais il concerne également la responsabilité à l'égard des personnes âgées et dépendantes ; (2) la personne qui consacre son temps et ses facultés à l'accueil et à l'éducation des enfants ou à la prise en charge d'une personne âgée devrait se voir reconnue par la société. Cet objectif pourrait être atteint en conférant à cette personne des droits propres notamment en matière de couverture sociale et de retraite.
En suivant les Verts/ALE, le Parlement a mis l'accent sur la garde des enfants, en demandant aux États membres de remplir leurs engagements pris dans ce domaine lors du Conseil européen de Barcelone en 2002, c'est-à-dire d'introduire d'ici 2010 des services d'accueil et de garde d'enfants pour 90% des enfants entre 3 ans et l'âge scolaire obligatoire, et pour 33% au moins des enfants de moins de 3 ans. Le Parlement dit également « redouter » la proposition de la Présidence tchèque de l'Union selon laquelle la garde des enfants « est une alternative à part entière à une carrière professionnelle ». Cette proposition constitue un véritable « retour en arrière », estime le Parlement, car elle ne vise qu'à restaurer la division traditionnelle des tâches entre l'homme et la femme, c'est-à-dire « l'idée traditionnelle selon laquelle le travailleur est masculin, disponible à plein temps, et ses besoins personnels sont pris en charge par des mains invisibles (la femme) qui organisent son foyer et sa famille » ! Il s'inquiète vivement, surtout en période de récession économique, de ce que la proposition de la Présidence tchèque « n'oblige les femmes à abandonner leur emploi pour suivre leur voie naturelle, c'est-à-dire de s'occuper des enfants et autres personnes dépendantes ». Le Parlement demande en outre à la Commission européenne de présenter une nouvelle proposition de directive relative aux droits et sauvegardes spécifiques en matière de conciliation entre la vie professionnelle et la vie familiale lorsque des membres de la famille se trouvent en situation de dépendance (enfants, personnes âgées, personnes handicapées). (G. B.)