Bruxelles, 06/02/2009 (Agence Europe) - Les députés européens ont demandé, mercredi 4 février, à l'Union européenne de protéger davantage ses citoyens notamment lors de la survenance d'une crise à l'étranger, comme ce fut le cas lors des attentats de Bombay qui avaient fait plus de 170 morts, en novembre 2008. « Les attentats de Bombay ont montré la nécessité d'une meilleure coordination des services consulaires », a déclaré le Grec Ioannis Varvitsiotis (PPE-DE), lors d'un débat au Parlement européen. « Il faut donner une preuve concrète des avantages de la citoyenneté européenne (…) Nous attendons avec intérêt des propositions contraignantes », a souligné le député. À l'instar de M. Varvitsiotis, l'ensemble des députés se sont prononcés unanimement pour une application plus large de l'article 20 du traité CE qui autorise les citoyens de l'UE à recourir à une protection diplomatique et consulaire de la part des autorités de tout autre État membre présentes sur place, aux mêmes conditions que celles que cet État applique à ses propres citoyens. « Chaque citoyen a droit à la protection consulaire », a indiqué Martine Roure (PSE, française), appelant les États membres à « mettre fin aux discriminations » touchant les gens qui ignorent auprès de quel consulat ils doivent s'adresser en cas de problème. Elle a également relevé l'« absence inacceptable » de protection diplomatique pour les députés européens, réclamant la signature d'accords ad hoc avec les pays tiers. L'Espagnol Ignasi Guardans Cambó (ADLE), qui se trouvait à Bombay lors des attentats, a regretté que l'article 20 soit resté « lettre morte » et que la « citoyenneté européenne n'existe tout simplement pas ». Les États membres ont plutôt fait preuve de « concurrence » et « pas de coopération » à Bombay, a ajouté Sajjad Karim (PPE-DE, britannique), qui était enfermé dans l'hôtel Taj Mahal pris d'assaut par des terroristes. Le commissaire européen chargé de l'Entreprise et de l'Industrie, Günter Verheugen, a admis qu'indépendamment du fait que vingt-quatre États membres ont des ambassades à New Delhi et que vingt ont des consulats à Bombay, « il était malgré tout très difficile d'assurer une protection adéquate des citoyens européens à Bombay ». Pour lui, ce qui s'est passé à Bombay montre que beaucoup de choses peuvent être améliorées. Le commissaire a souligné que le traité actuel ne conférait à la Commission aucun pouvoir en matière consulaire. Dans ce contexte, il a rappelé que la Commission ne pouvait qu'améliorer l'information des citoyens, notamment en proposant d'imprimer l'article 20 dans tous les passeports. « Avec le Traité de Lisbonne, nous aurons une base juridique claire qui permettra l'adoption des directives établissant les mesures de coordination et de coopération pour faciliter cette protection », a renchéri M. Verheugen, laissant sous-entendre que la Commission pourrait présenter dans un avenir proche des propositions législatives. (B.C.)