Bruxelles, 06/02/2009 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté, jeudi 5 février, une résolution commune sur le Sri Lanka à laquelle les députés du groupe PSE se sont opposés. D'avis que « l'évolution récente de la situation pourrait marquer un tournant dans la crise que traverse le Sri Lanka », il approuve les efforts de la conférence de Tokyo visant à une reprise des négociations entre le gouvernement sri-lankais et l'organisation des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (TLET) en vue d'un cessez-le-feu temporaire et de la fin des hostilités à travers la définition des conditions d'une paix juste et durable. Il se félicite que le gouvernement sri-lankais se soit engagé à enquêter sur les allégations de violations de la liberté de la presse, après à l'assassinat en janvier 2009 du rédacteur en chef du Sunday leader Lasantha Wickrematunga. Les députés soulignent la nécessité d'« une surveillance internationale » afin d'évaluer les besoins humanitaires de 250 000 personnes prises au piège dans la région de Wanni. Ils demandent aux autorités sri-lankaises de signer la Convention d'Ottawa sur l'interdiction de l'usage des mines antipersonnel.
Le groupe socialiste a refusé de prendre part au vote sur un texte qu'il estime déséquilibré. « Il faut condamner les agissements des deux camps, pas seulement ceux des Tigres tamouls. (…) Pour les conservateurs européens, seuls les Tigres tamouls sont coupables et ils doivent être anéantis, quel que soit le coût en vies innocentes. Ils ne condamneraient même pas sans réserve le bombardement d'hôpitaux », dénonce le travailliste britannique Robert Evans dans un communiqué. « Le gouvernement britannique en particulier, ainsi que l'UE et d'autres gouvernements amis doivent tout faire pour assister les autorités sri-lankaises dans l'acheminement de l'aide humanitaire vers les régions du Nord libérées de l'emprise des Tigres tamouls. Pour éviter de nouveaux carnages, pour le salut de tous les civils pris au piège dans les combats (…), les derniers éléments du TLET devraient désormais déposer les armes », explique le conservateur britannique Geoffrey Van Orden. La résolution pèche par « excès de complaisance » à l'égard de Colombo, a estimé Raül Romeva i Rueda (Verts/ALE, espagnol). Il n'y a eu « aucun hôpital bombardé » alors que « 113 000 personnes sont utilisées comme bouclier humain » par les Tigres tamouls, a rétorqué Nirj Deva (PPE-DE, britannique). (M.B.)