Bruxelles, 06/02/2009 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a exprimé vendredi le souhait de l'UE de transformer les relations avec la Russie en une « interdépendance positive » et de relancer le partenariat stratégique avec Moscou dans un esprit de « fiabilité et de prévisibilité ». Après les crises des derniers mois (guerre en Géorgie, interruption des livraisons de gaz en janvier), « nous devons maintenant regarder vers l'avant et créer une confiance mutuelle basée sur la fiabilité et la prévisibilité », a dit M. Barroso à la presse. Le futur nouvel accord-cadre, en voie de négociation (la prochaine réunion est prévue pour le 13 février), devra contenir des « engagements juridiquement contraignants » dans tous les domaines de coopération ainsi que des règles particulièrement « robustes » en matière d'énergie, a souligné M. Barroso qui était accompagné à Moscou de neuf commissaires (EUROPE n° 9833). Il a réitéré la détermination de l'UE de diversifier ses routes d'approvisionnement énergétique et confirmé le soutien de la Commission au projet Nabucco. Cela ne veut cependant pas dire que la Commission est opposée aux deux autres projets (soutenus par la Russie), à savoir Nord Stream et Southstream, a précisé M. Barroso. Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a dit qu'il souhaitait que les observateurs de l'UE déployés en Ukraine et en Russie pour surveiller le transit du gaz russe vers l'Europe restent « au moins » jusqu'à la fin du premier trimestre. M. Barroso s'est dit d'accord ; les observateurs resteront « aussi longtemps que Kiev et Moscou le souhaitent ».
M. Barroso et ses commissaires ont aussi eu une entrevue avec le président Dmitri Medvedev (à laquelle M. Poutine n'a pas participé) au cours de laquelle ils ont aussi exprimé « l'inquiétude » de l'UE face aux récents meurtres de journalistes et de défenseurs des droits de l'Homme en Russie. Le président de la Commission a une nouvelle fois répété cette préoccupation au cours de sa conférence de presse avec M. Poutine, ce que ce dernier n'a visiblement pas apprécié. La Russie est prête à discuter de tous les problèmes, y compris en matière d'État de droit et de libertés, mais ce débat doit alors se faire « de manière plus large » et couvrir aussi les problèmes existants dans l'Union européenne, a rétorqué le Premier ministre russe. « Nous ne sommes pas satisfaits de la manière dont la minorité russophone est traitée dans les pays baltes », a poursuivi M. Poutine, critiquant par ailleurs la « violation des droits des immigrés » et la « situation dans les prisons de certains pays démocratiques » en Europe. « Nous ne prétendons pas être parfaits. Nous acceptons la critique », a répondu M. Barroso tout en soulignant que « les pays baltes sont des démocraties qui respectent l'État de droit ». Dans une relation « mature » comme celle entre l'UE et la Russie, il doit être possible de parler ouvertement de tous les sujets, « y compris ceux sur lesquels nous ne sommes pas d'accord », a dit M. Barroso. (H.B.)