Madrid, 02/12/2008 (Agence Europe) - Le Parti socialiste européen (PSE), réuni ces 1er et 2 décembre en congrès à Madrid pour préparer les élections européennes (EUROPE d'hier), demande que les États membres et l'UE prennent d'urgence des « mesures proactives et coordonnées » sous forme de programmes d'investissement pour relancer l'économie européenne et éviter une longue période de récession. L'objectif des interventions doit être « de sauvegarder l'emploi, d'éviter des licenciements de masse et de promouvoir l'économie verte », affirment les dirigeants du PSE dans une déclaration adoptée à Madrid (on y parle d'un « Pacte pour l'emploi »). La déclaration (disponible sur http://www.pes.org/downloads/Leaders-recovery_plan-nov2008.pdf ) sera soumise au Conseil européen des 11/12 décembre. « Nous appelons l'UE et les États membres à approuver cet ambitieux plan de relance au sommet européen de décembre afin d'agir contre la récession et le chômage avant qu'il ne soit trop tard », lit-on dans la déclaration.
L'Europe et les États membres ont réussi à prendre des mesures coordonnées pour répondre à la crise du secteur bancaire, ce qui a permis de sauvegarder les économies et dépôts bancaires des citoyens. « Maintenant, nous devons intervenir pour sauvegarder leurs emplois », réclament les socialistes européens. À cette fin, le PSE propose deux initiatives. Premièrement, le lancement coordonné de programmes d'investissement dans les États membres. Cette stimulation économique doit être ciblée sur des secteurs créateurs d'emplois, en priorité la promotion des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique (isolation des bâtiments, etc.), le développement des infrastructures de transport, de recherche, de santé et d'éducation. Ces investissements peuvent aller de pair avec des incitations fiscales, par exemple des réductions de TVA. La nature exacte des mesures à prendre peut varier de pays membre à pays membre, soulignent les socialistes, pourvu que l'objectif prioritaire reste le même: préserver l'emploi. Pour atteindre cet objectif, il est crucial que tous les États membres, sans exception, puisent dans leurs réserves budgétaires pour stimuler l'économie. Sur ce point, Poul Nyrup Rasmussen, le président du PSE, a critiqué la chancelière allemande Angela Merkel qui, ont le sait, refuse jusqu'ici d'intervenir massivement pour stimuler l'économie allemande, par crainte de creuser le déficit public sans impact durable sur la croissance économique. « Nous avons besoin d'investissements - maintenant - afin de transformer nos économies dans les mois à venir et d'assurer la relance économique qui, à moyen terme, améliorera les finances publiques. Il n'y a donc aucune contradiction entre le plan de relance et le Pacte de stabilité et de croissance (PSC). C'est pourquoi, je pense que l'Allemagne, elle aussi, finira par augmenter ses investissements » pour soutenir la reprise économique, souligne M. Rasmussen. Deuxièmement, l'Europe doit également contribuer à cet effort, par exemple en donnant la priorité au développement des réseaux transeuropéens de transports, d'énergie et de télécommunications. Les Fonds structurels ont un rôle très important à jouer, lit-on dans la déclaration du PSE. La Commission européenne devrait appliquer les règles européennes en matière d'aide d'État de telle sorte qu'elles n'empêchent pas les gouvernements européens d'agir « rapidement et efficacement pour préserver l'emploi et l'intérêt public », affirment encore les socialistes européens.
Sur ce point, Poul Nyrup Rasmussen critique la Commission européenne et, en particulier, la manière dont Neelie Kroes examine la conformité des mesures annoncées ou prises par les gouvernements avec les règles de concurrence de l'UE. Pour les socialistes européens, la Commission est trop formelle et trop formaliste dans l'application des règles sur les aides d'État, mettant en danger des éléments importants des plans de relance. « La Commission est trop lente dans sa gestion de la crise. Mme Kroes traîne les pieds. Il s'agit d'une question de survie économique, et Mme Kroes nous parle de concurrence », s'est plaint M. Rasmussen devant quelques journalistes à Madrid. « La Commission doit accélérer son travail. Je vais transmettre ce message à José Manuel Barroso dès ce mercredi », a-t-il annoncé. (H.B.)