login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9795
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/israËl

Leila Chahid appelle les ONG à se mobiliser contre le projet de statut particulier pour Israël

Bruxelles, 02/12/2008 (Agence Europe) - Leila Chahid, déléguée générale de Palestine auprès de l'UE, lance un appel à la mobilisation contre l'octroi d'un statut particulier à Israël qui assurerait sa participation directe à de nombreuses politiques et programmes internes européens. « Je voudrais, par ce message, vous inviter à mobiliser l'ensemble des organisations non gouvernementales de vos pays pour intervenir auprès du Parlement européen afin de ne pas accorder ce privilège à Israël avant qu'il mette en œuvre les principes de la paix », écrit-elle aux organisations militantes de la cause palestinienne.

À moins d'une modification de l'ordre du jour (voir autre nouvelle), le Parlement européen devrait donner, jeudi 4 décembre à Bruxelles, son avis conforme sur la conclusion du protocole. Lors du vote en commission des affaires étrangères du PE, le 5 novembre dernier, l'avis sur ce protocole a été donné par 45 voix pour, aucune voix contre et 4 abstentions. Le rapporteur Véronique De Keyser (PSE, belge) souligne que l'octroi d'un tel statut est « assorti du respect des engagements contractés par ce pays au sommet d'Annapolis » et que « les sociétés et organisations implantées dans les colonies de peuplement ne devraient pas être éligibles aux programmes communautaires ». Selon le projet de résolution, il est demandé à la Commission et aux États membres de « contrôler que la participation d'entités israéliennes aux programmes communautaires se fasse conformément à la législation et à la politique européennes en vigueur » et que le statut privilégié « ne bénéficie pas aux implantations israéliennes dans les territoires occupés non éligibles (...) Des mesures devraient être prises pour empêcher la participation à ces programmes de sociétés et organisations israéliennes implantées dans les colonies de peuplement, en renforçant les contrôles des produits israéliens importés dans l'UE sous régime préférentiel ». Le projet de texte recommande que « des procédures d'infraction (soient) menées si des produits en provenance des territoires palestiniens occupés sont exportés vers l'Union sous label israélien ». Le texte soumis à l'approbation de la session plénière élargit le champ de cette coopération et la sort du cadre particulier des relations spéciales avec Israël. Sa « participation accrue (aux politiques et programmes internes européens) devrait servir de modèle à des actions avec d'autres pays partenaires de la politique de voisinage », déclarent les membres de la commission des affaires étrangères du PE.

Le dossier a été sorti de l'ombre peu avant la session du Conseil d'association UE-Israël, à Luxembourg le 16 juin 2008. C'est Mme De Keyser qui avait révélé, peu avant la rencontre avec Israël, que des pourparlers discrets se déroulaient pour affiner les contours du projet et cela avait entraîné une réaction formelle du président du Parlement exigeant la transparence. Dans une lettre adressée le 29 mai à la Commission européenne et au Conseil, Hans-Gert Pöttering demandait de ne rien négocier secrètement avec Israël.

L'UE avait pris acte, lors de la rencontre de Luxembourg, du souhait israélien d'un « upgrading » des relations. L'accord des 27 a été cependant assorti de conditions politiques, notamment celles que la démarche doit s'inscrire dans « le cadre du large éventail de nos intérêts et objectifs communs, qui comprend notamment le règlement du conflit israélo-palestinien à travers la mise en œuvre de la solution fondée sur la coexistence de deux États ». Pour l'UE, ce rehaussement de la coopération est un « objectif commun » et « l'approfondissement de la coopération est déjà une réalité » et l'état actuel témoigne de « l'importance et de la qualité des relations entre l'UE et Israël dans de nombreux domaines », note l'UE. Elle affirme que les rapports particuliers avec Israël découlent des « liens traditionnels, des valeurs culturelles et humaines, ainsi que des intérêts économiques et en matière de sécurité que nous avons conscience de partager » et elle souligne qu'Israël est un « partenaire essentiel dans la zone méditerranéenne ». Car c'est un « véritable État de droit, doté d'une économie de marché dynamique ainsi que d'une administration publique développée ». Israël « possède également les structures institutionnelles nécessaires à une coopération toujours plus étroite et approfondie avec l'UE », avaient souligné les 27. (F.B.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES