Bruxelles, 02/12/2008 (Agence Europe) - De retour de Genève où elle a rencontré, lundi 1er décembre, le directeur général de l'OMC Pascal Lamy et le négociateur en chef brésilien, le ministre des Affaires étrangères, Celso Amorim, afin d'évaluer les chances d'une nouvelle réunion ministérielle pour valider un compromis sur les modalités de libéralisation des échanges mondiaux en agriculture et sur les produits industriels (NAMA), la commissaire européenne au Commerce, Catherine Ashton, a affirmé, devant les membres de la commission « commerce international » du Parlement européen, mardi 2 décembre, son engagement à conclure le round de Doha avant la fin de l'année. « Les questions pendantes sont solubles », a estimé la commissaire, mettant par ailleurs l'accent sur les gains attendus d'un accord multilatéral. « S'il est confirmé, le paquet de juillet se traduira non seulement par de nouvelles opportunités en termes d'accès au marché mais aussi par la meilleure assurance pour les entreprises qui exportent », a rappelé Mme Ashton. En agriculture, l'accord multilatéral sanctuarisera la réforme de la PAC de 2003 ; dans le domaine industriel, il se traduira par un accès au marché amélioré, qui peut s'illustrer par la baisse prévue d'un quart des tarifs douaniers chinois ; en matière de services, il se traduira par un gain de plus de 68 milliards d'euros. L'accord global assurera aussi une meilleure protection des indications géographiques et se traduira par des gains issus de la facilitation du commerce (simplification des procédures douanières). Sans oublier sa première raison d'être, son apport essentiel aux pays les plus démunis par le biais du paquet développement, qui assurera un accès au marché sans droits ni quotas pour 97% des exportations des pays les moins avancés (PMA).
Affichant une « forte convergence » de vues ainsi que leur « intérêt commun » de mettre un terme au round, Mme Ashton et M. Amorim se sont dits « optimistes » lundi, « prudemment » pour la première, « modérément » pour le second, quant à la possibilité de finaliser un compromis sur les modalités avant la fin de l'année. Au Parlement européen mardi, Mme Ashton a confirmé que Pascal Lamy attend des avancées significatives cette semaine des groupes de négociations sur les deux principaux dossiers - agriculture et NAMA - pour rappeler à Genève les ministres du Commerce des principales puissances commerciales de l'OMC afin de finaliser un accord, cinq mois après l'échec de la ministérielle de juillet (EUROPE n° 9714). Si des progrès ont été enregistrés au plan technique depuis deux semaines, ils sont encore insuffisants pour confirmer la tenue d'une nouvelle réunion ministérielle, admet-on au siège de l'OMC. Mme Ashton et M. Amorim ont toutefois convenu lundi que le contexte de crise économique mondiale rend « plus nécessaire que jamais » un accord destiné à ouvrir les marchés mondiaux. « Nous n'avons pas d'autre choix que d'essayer », a insisté le chef de la diplomatie brésilienne. Malgré ces arguments, des questions cruciales restent à régler cette semaine, en particulier celle du mécanisme de sauvegarde spéciale, qui permet de protéger une production agricole locale d'une hausse massive et soudaine des importations, sur lequel s'opposent les États-Unis et l'Inde. Restent aussi à régler les questions du coton, de la simplification tarifaire, des produits sensibles, des bananes et, dans le volet NAMA, des accords sectoriels. « J'espère que Pascal Lamy se sentira en position, dans les jours à venir, de convoquer les ministres à Genève et de confirmer une date pour la réunion. Il a tout mon soutien pour appeler les ministres aussi vite que possible », a déclaré Mme Ashton mardi, confirmant que des textes de compromis révisés des chefs des groupes de négociation à l'OMC, Crawford Falconer en agriculture et Luzius Wasescha pour les NAMA, sont attendus pour la fin de la semaine au siège de l'organisation. (E.H.)