Bruxelles, 27/11/2008 (Agence Europe) - Les ministres responsables des questions spatiales des 18 États membres de l'ESA et du Canada ont clôturé, mercredi 26 novembre à La Haye, une session fructueuse du Conseil de l'Agence spatiale européenne (ESA). Ils sont convenus de lancer de nouvelles initiatives dans plusieurs domaines et ont donné leur aval à la poursuite d'une série de programmes en cours.
Les décisions prises aux Pays-Bas représentent un léger progrès en vue de doter l'Europe des moyens de relever des défis d'envergure planétaire. Dans le respect de la Politique spatiale européenne, définie en coopération avec la Commission européenne, ces mesures renforceront le rôle de l'Europe dans le développement et l'exploitation des applications spatiales au service des politiques publiques et des besoins des entreprises et des citoyens européens. Au total, ce sont environ dix milliards d'euros qui seront ainsi investis d'ici 2012 dans l'espace, un effort substantiel comparé à celui accepté par les mêmes pays (moins la République tchèque qui vient tout juste de rejoindre l'ESA) il y a trois ans à Berlin. En pourcentage, cet effort correspond à une augmentation de 21% du budget d'ici 2011. Pour autant, le programme spatial européen manque encore de souffle et d'ambitions si on le compare aux politiques des autres puissances spatiales confirmées et émergentes. En rythme annuel, l'augmentation du budget de l'ESA décidée à La Haye ne dépasse pas 7%, alors que le taux de croissance est de 12% par an en Chine et aux États-Unis. En Inde, ce taux atteint 20%. En matière de lanceurs, la Chine envisage de se doter d'une capacité d'emport de 15 tonnes, alors que l'ESA table sur 12 tonnes en 2015. Enfin, l'exploration de l'espace demeure le parent pauvre de cette politique européenne.
Reconnaissant que l'espace est un atout stratégique qui revêt une importance capitale pour l'indépendance, la sécurité et la prospérité de l'Europe, les ministres ont adopté quatre résolutions sur: - le
« rôle de l'espace dans la réalisation des objectifs de l'Europe au niveau mondial » ; - le niveau de ressources qui doit couvrir les besoins des programmes de sciences spatiales et des activités de base de l'Agence sur la période 2009-2013 ; - le renouvellement de la contribution des États membres de l'ESA aux coûts de fonctionnement du Centre spatial guyanais à Kourou ; - l'évolution future de l'Agence, couvrant la réforme de la gestion financière, les processus décisionnels, la politique industrielle et la politique d'approvisionnement, ainsi que la poursuite du développement de l'infrastructure des sites pour les besoins des programmes de l'ESA. Parmi les décisions opérationnelles, on retiendra (1) la souscription (357 millions pour des études + 1,5 milliard pour le développement à partir de 2011) des programmes relatifs aux lanceurs, ce qui inclut le financement du Centre spatial guyanais, des programmes d'accompagnement de technologie Ariane-5 et Vega, du programme Ariane-5 Évolution et du Programme préparatoire des lanceurs futurs ; (2) la souscription des activités d'observation de la Terre, y compris le deuxième volet du programme de composante spatiale GMES (Surveillance mondiale pour l'environnement et la sécurité), le programme de développement de Meteosat Troisième Génération et une initiative novatrice sur le changement climatique visant la fourniture de variables climatiques essentielles ; (3) la souscription (1,374 milliard jusqu'en 2012) des futurs programmes de vols habités, de microgravité et d'exploration humaine, y compris l'exploitation et l'évolution de la Station spatiale internationale (ISS), la recherche en sciences de la vie et en sciences physiques à bord de l'ISS, ainsi que les études de définition sur l'évolution d'un véhicule de transfert aller-retour ; (4) la souscription des programmes d'exploration robotique (programme ExoMars et activités préparatoires de l'exploration robotique de Mars) ; (5) la souscription du Programme de recherche de pointe sur les systèmes de télécommunications (ARTES), l'accent étant mis sur les technologies, les applications et les démonstrations de mission, tout en incluant les travaux préparatoires d'un système européen de relais de données (EDRS), un système satellitaire de gestion du trafic aérien (Iris), la promotion des applications intégrées associant l'utilisation de systèmes satellitaires de télécommunications, d'observation de la Terre et de navigation à des systèmes terrestres d'information et de communication ; (6) la souscription du programme européen pour l'évolution du GNSS (Système mondial de navigation par satellite) afin de poursuivre l'amélioration de Galileo ; (7) la souscription du nouveau programme de Surveillance de l'espace (SSA) afin de fournir des informations contribuant à la protection des systèmes spatiaux européens contre les débris spatiaux et les effets néfastes de conditions météorologiques spatiales défavorables ; (8) la souscription de la poursuite du GSTP (Programme général de technologie de soutien) afin de fournir en temps voulu les technologies nécessaires à une vaste gamme de nouveaux programmes spatiaux. (O.J.)