login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9787
Sommaire Publication complète Par article 13 / 28
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/commission

Le Parlement voudrait voir dans le programme de la Commission pour 2009 des propositions concrètes pour sortir de la crise

Strasbourg, 20/11/2008 (Agence Europe) - Le Parlement européen a entendu mardi un bref exposé du président José Manuel Barroso sur le programme 2009 de la Commission. Ce programme est présenté dans un moment particulier de la vie de l'Union, à quelques mois des élections du Parlement et du renouvellement de la Commission européenne et dans une situation de grave crise économique et financière. Dans ces conditions, et tout en approuvant les objectifs de la Commission, de nombreux parlementaires ont souhaité une position plus combative de la part de celle-ci et des suggestions concrètes pour se battre contre la crise.

Le président Barroso a pourtant insisté sur le rôle d'impulsion de la Commission, rôle qu'elle ne doit pas jouer contre les États membres ou contre le Parlement mais en coopération avec eux. Mais, ajoute-t-il, en évitant des « effets d'annonce » ou des initiatives qui risquent de ne pas aboutir: ce ne serait que du populisme. Les chantiers d'adaptation à la mondialisation sont déjà sur les rails, a estimé M. Barroso. Les autres priorités en 2009 seront la lutte contre le changement climatique et la recherche d'un développement durable, ainsi que l'ouverture vers la Russie (un partenaire « parfois difficile », mais avec lequel il faut communiquer plutôt que l'isoler). M. Barroso a cité, enfin, la chance extraordinaire qu'offre la perspective d'une nouvelle administration américaine qui partagerait une vision commune avec l'Union.

La réglementation n'est pas un but en soi: elle doit, surtout en période de crise, être au service d'objectifs précis, a affirmé, pour le PPE/DE, l'Allemand Hartmut Nassauer, tout en promettant l'appui du Parlement aux propositions de la Commission pour sortir de cette crise. Mais, en nous présentant en décembre des propositions sur lesquelles nous devrons nous prononcer rapidement, vous nous demandez beaucoup, observe M. Nassauer. Les nouvelles règles devraient permettre à tous de profiter de l'ouverture des marchés, affirme à son tour, pour le groupe socialiste, l'Autrichien Johannes Swoboda, en constatant que la Commission - ou certains au sein de la Commission - a trop longtemps cru que le marché allait tout régler. Elle l'a cru aussi en ce qui concerne les services d'intérêt général, domaine crucial et en crise dans certains pays, entre autres parce qu'on a cherché le profit au lieu d'assurer le service. L'Europe, remarque la Britannique Diana Wallis (groupe ALDE), est « le groupe le mieux équipé pour faire face à ces questions et à ces défis » et le Parlement lui-même a fait des propositions pour la gestion de crises financières en juin 2008, à l'issue des travaux de la commission d'enquête sur l'échec d'Equitable Life. Nous voulons, affirme Mme Wallis, « une Europe ouverte, verte, entreprenante et libre ». Selon le Polonais Ryszard Czarnecki (groupe UEN), le programme d'action de la Commission mélange des questions importantes et d'autres qui le sont maintenant moins, à cause de la crise. Pour lui, il faudrait se concentrer maintenant sur la lutte contre le chômage et sur la croissance plutôt que sur les changements climatiques. La Française Hélène Flautre, qui parlait au nom du groupe Verts/ALE, a fustigé la Commission pour son attitude en ce qui concerne les OGM ; vous prônez la transparence et l'information, or savez-vous quelle est la toxicité des OGM, s'est-elle exclamée, et êtes-vous prêts à le dire aux citoyens ? Et l'Allemande Sylvia Kaufmann (GUE/NGL) accuse encore une fois la Commission de ne pas accorder une priorité suffisante à la justice sociale, dont la nécessité se fait sentir encore plus douloureusement dans des moments de crise. Pour le Français Paul Marie Coûteaux (Ind.Dém), la solution à la crise réside tout simplement dans le retour à la protection des frontières et à la primauté de la « véritable instance légitime, les États nationaux ».

Le retour des États comme régulateurs des marchés est une bonne chose, mais le retour à des États « égoïstes » et au nationalisme ne le serait pas, estime au contraire le socialiste luxembourgeois Robert Goebbels. Les citoyens ne comprennent pas, affirme à son tour le socialiste danois Poul Nyrup Rasmussen, pourquoi leur argent est utilisé pour sauver les banques plutôt que pour créer des emplois. Selon M. Rasmussen, la Commission a un devoir: présenter un programme simple, qui ne comporte pas l'obligation pour un pays de payer pour d'autres, mais qui engage tous les pays à investir, mais tous ensemble, au même moment, 1% de leur budget pour la lutte contre la récession. Suivez ce conseil, a exhorté la Française Pervenche Berès, dans le même groupe, en s'étonnant que le président Barroso ait l'air de croire que, lorsque la Commission utilise son droit d'initiative, elle fasse du « populisme ». Et le Suédois Jan Andersson (groupe socialiste) s'insurge contre la tentation de réduire les investissements dans le domaine social ou de l'environnement: c'est bien le contraire qu'il faut faire, pour assurer l'avenir. Le conservateur britannique Malcolm Harbour partage cette opinion: ce qu'il faut maintenant, s'est-il exclamé, ce sont des actions dans des domaines qui peuvent donner des résultats, des projets « verts », des projets innovants ! La socialiste néerlandaise Ieke Van den Burg demande un véritable « plan d'urgence européen » pour sortir de la crise. Pour le libéral britannique Andrew Duff, le moment est venu pour la Suède, le Danemark et le Royaume-Uni d'adopter l'euro: les cinq critères cités en 1997 par Gordon Brown pour justifier une renonciation à la livre sont maintenant réunis, en partie à cause de la crise.

La Commission nous dit, remarque le conservateur britannique Philip Bushill-Matthews, que la simplification de l'environnement réglementaire, notamment en faveur des PME, « reste » un des objectifs pour l'année 2009: or, je n'ai encore rien vu de vraiment probant dans ce domaine, constate-t-il, en invitant le président de la Commission à rendre visite à la commission de l'emploi et des affaires sociales. Et de suggérer avec humour: vous avez tendance à croire que nous sommes « une partie du problème », si vous écoutez nos conseils, vous verrez que nous pouvons être « une partie de la solution » … La Finlandaise Piia-Noora Kauppi (PPE/DE) a invité enfin les Européens à ne pas s'autoflageller: la crise n'a pas commencé chez nous, mais aux États-Unis, et nous avons déjà pris des mesures qui peuvent permettre de lutter contre la crise.

« Nous n'avons pas fait comme si de rien n'était » depuis le début de la crise, a affirmé la vice-présidente Margot Wallström: au contraire, la Commission a réagi avec une « rapidité inhabituelle ». Et elle doit maintenant trouver le bon «équilibre entre les différentes mesures. Les PME, a-t-elle assuré, seront un élément clé de tout succès de la lutte contre la crise financière en rappelant la proposition sur le « small business Act ». Mme Wallström a également évoqué les quatre priorités qui ont été retenues pour 2009 en ce qui concerne son domaine, la communication, à savoir: les élections, l'environnement et le climat, le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin, l'emploi et la croissance. (L.G.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES