Bruxelles, 05/09/2008 (Agence Europe) - Le Président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a écarté toute idée de relance budgétaire pour faire face au ralentissement de la croissance économique dans la zone euro, dans une interview au journal Le Monde du 4 septembre. « Après l'adoption du plan de relance américain, en janvier, nous avons décidé de ne pas répondre à la crise financière par un programme de ce type en Europe. Les expériences historiques ont, sur ce plan, démontré leurs limites: ces politiques peuvent conduire à une petite amélioration à court terme, mais à moyen terme elles se soldent par la nécessité de corriger les déséquilibres qui en résultent », a-t-il déclaré. Favorable à une meilleure coordination des politiques économiques des pays de la zone euro, il n'en estime pas moins que « les pays vertueux » ayant dégagé des marges budgétaires, comme l'Espagne, « sont autorisés à agir alors que les pays les moins vertueux ne pourront pas le faire », comme la France et l'Italie. Et d'apporter son appui à un programme de soutien aux petites et moyennes entreprises européennes sous l'égide de la Banque européenne d'investissement.
Concernant sa position à la tête de l'Eurogroupe, le Premier ministre luxembourgeois a fait savoir qu'il n'était pas demandeur pour aller au-delà d'un second mandat. Toutefois, en cette période d'incertitudes économiques et institutionnelles en Europe, il ne refusera pas de rester à son poste si on le lui demande. Le protocole de 2004 limitant à deux ans le mandat (reconductible une fois) de la présidence de l'Eurogroupe devra être amendé en conséquence. Une telle situation risque de décevoir le ministre belge des Finances, Didier Reynders, qui avait fait part en juin de sa disponibilité (voir EUROPE n° 9677). (M.B.)