Bruxelles, 05/09/2008 (Agence Europe) - L'arrêt prolongé pour des raisons de sécurité d'un réacteur nucléaire à Petten (Pays-Bas) va très certainement retarder des examens diagnostiquant des cancers dans toute l'UE en raison de la pénurie de technétium, un isotope médical. « Nous consacrons toute notre énergie à réparer. Dans tous les cas, ce ne sera pas avant la fin du mois d'octobre », a indiqué, mercredi 3 septembre, le Groupe de recherche et de consultation nucléaire (NRG), qui gère la production, dans un communiqué.
Le réacteur de Petten réalise un tiers de la production mondiale d'isotopes destinés au diagnostic. Ces isotopes sont utilisés pour réaliser des scintigraphies, une technique d'imagerie médicale qui permet en particulier de détecter des métastases osseuses. L'arrêt du réacteur aura un impact sur le marché des isotopes médicaux car « NRG ne produira aucun isotope médical au cours des mois de septembre et d'octobre », a ajouté l'exploitant, annonçant la date du 25 octobre pour la reprise de la production. Le technétium est, selon le site Internet de NRG (http://www.nrg-nl.com ), utilisé dans 80 % des procédures de diagnostic en médecine nucléaire. Environ 7 millions d'examens sont réalisés chaque année en Europe avec le technétium, selon NRG. Il est impossible de stocker ces isotopes, ils ont une durée de vie limitée.
Cinq réacteurs, situés aux Pays-Bas, au Canada, en France, en Belgique et en Afrique du Sud, produisent des isotopes pour l'industrie pharmaceutique dans le monde. Problème: les réacteurs en Belgique et en France sont en maintenance. Peu après l'incident, la France, qui est à la tête de l'UE jusqu'à la fin décembre, prédisait qu' « à court terme, cette panne entraînera une pénurie à l'échelle européenne ». La rupture d'approvisionnement en technétium va donc contraindre les services hospitaliers de médecine nucléaire en Europe à déplacer certains examens ou à utiliser d'autres méthodes, annonçait encore le ministère de la Santé. Le ministère a toutefois indiqué, vendredi 5 septembre, selon l'AFP, que suite aux démarches entreprises auprès d'autres producteurs mondiaux, « le Canada devrait pouvoir, sous réserve de la conclusion définitive d'un accord commercial, répondre, à partir de mi-septembre, à une partie des besoins européens ». (B.C.)