Bruxelles, 05/09/2008 (Agence Europe) - La Commission européenne a donné, jeudi 4 septembre, son aval à la nouvelle politique d'immigration musclée de l'Italie qui vise notamment à recenser les adultes et mineurs dans les camps nomades, jugeant que Rome respecte la législation communautaire. « La bonne coopération entre les autorités italiennes et la Commission européenne a permis de vérifier les conditions d'exécution (des mesures) et de corriger celles qui pouvaient êtres contestables », a déclaré Michele Cercone, porte-parole du commissaire en charge de la Justice, de la Liberté et de la Sécurité. Le commissaire « Jacques Barrot apprécie la volonté de Roberto Maroni (ministre italien de l'Intérieur) de respecter la législation européenne », a-t-il dit. Telle est la conclusion de la Commission qui a planché en août sur un rapport qu'elle avait demandé au gouvernement italien sur les mesures d'urgence prévues (tests ADN, prises d'empreintes digitales) dans les camps de nomades du pays, semblant viser notamment les populations Roms (EUROPE n° 9717). La Commission considère toutefois que les mesures prévues « n'autorisent pas la récolte des données relatives à l'origine ethnique ou à la religion des personnes recensées ». Quant au recours aux empreintes digitales, celui-ci n'est « pas systématique » et est « plutôt limité », a expliqué M. Cercone. « Pour les mineurs, il est prévu seulement pour les cas strictement nécessaires où l'identification ne peut être réalisée autrement », a-t-il encore indiqué, précisant que la Croix-Rouge et l'UNICEF étaient associées à l'initiative. Pour autant, M. Barrot restera « attentif à toutes les informations qui pourront lui être communiquées sur la mise en oeuvre des mesures » et il a aussi demandé « à être informé de l'achèvement du recensement, des conditions de son déroulement et de ses résultats », a conclu son porte-parole. De son côté, la coprésidente du groupe Verts/ALE au Parlement européen, l'Italienne Monica Frassoni, a appelé la Commission et le gouvernement italien à ne pas garder secret un tel rapport. « Le PE et le public ne sont pas du tout informés à propos du contenu du rapport remis par le gouvernement italien et de l'analyse de la Commission. Nous déplorons ce manque de transparence », a-t-elle martelé, insistant sur le droit des parlementaires et de l'opinion publique de se faire leur propre jugement. (B.C.)