Bruxelles, 14/07/2008 (Agence Europe) - La Confédération européenne de la police (Eurocop) a émis de fortes réserves quant à la création de « commissariats européens » pour venir en aide aux touristes en détresse. L'idée avait été présentée par la Présidence française, à l'occasion d'une réunion informelle des ministres de l'Intérieur de l'UE, le 7 juillet, à Cannes (EUROPE n° 9698). « Aucun État membre ne dispose d'officiers de police disponibles pour suivre les touristes lors de missions 'baby-sitting' », a déclaré vendredi 11 juillet, Heinz Kiefer, le président d'Eurocop, une organisation qui regroupe 34 syndicats de police provenant de 26 États membres. « Avant d'adopter de nouvelles décisions, les États membres devraient considérer sérieusement l'impact de leurs décisions sur les ressources », a suggéré M. Kiefer. Un tel dispositif aura seulement pour conséquence une fuite des ressources au niveau national, a-t-il encore ajouté, jugeant que l'idée manquait profondément de substance. Le président d'Eurocop a également critiqué la proposition visant à intégrer la Force de gendarmerie européenne dans l'acquis de l'UE. Cette idée, qui fait partie des propositions faites dans le rapport du Groupe du futur, vise notamment à rationaliser l'action de l'Union lors de missions dans les pays tiers. « Nous avons peur que cela brouille la distinction claire existant entre les missions militaires et de police en Europe », a commenté M. Kiefer. Eurocop a toutefois indiqué accueillir avec intérêt les conclusions du Groupe du futur, notamment les initiatives qui consistent à harmoniser les standards policiers dans l'UE. (B.C.)