Bruxelles, 14/07/2008 (Agence Europe) - Après sa rencontre avec le commissaire européen chargé des Transports, Antonio Tajani, le mercredi 9 juillet, le président de la commission des transports du Parlement européen, l'Italien Paolo Costa (ADLE) a fait connaître les réserves émises par le Parlement à l'égard du paquet sur l' « écologisation » du transport présenté la veille et, en particulier, de l'« Eurovignette » de deuxième génération (EUROPE n° 9699). Le Parlement souhaite que l'introduction de l'Eurovignette (qui propose aux États membres un système de tarification des poids lourds en fonction de la pollution et de la congestion qu'ils produisent) soit contraignante. Il est aussi nécessaire, estime le PE, que l'argent rapporté par l'Eurovignette « (…) soit (…) strictement réinvesti » afin de promouvoir « les services et les infrastructures alternatives au transport routier ». Les députés souhaitent également que « l'écologisation » du transport non routier ne se limite pas uniquement « à la réduction du bruit dans le secteur ferroviaire » ou à « la délégation de la question de la pollution marine à l'organisation maritime internationale ».
« La flambée préoccupante des prix de pétrole et l'impact dramatique qu'elle exerce sur les chauffeurs de poids lourds est un problème sérieux qui mérite l'attention », estime Paolo Costa dans un communiqué diffusé mercredi 9 juillet, avant de poursuive qu'à cause de ceci, « l'Europe ne peut pas fermer les yeux sur un besoin évident et urgent de réformer » son système de transport « par le renforcement d'un set de modes de transport plus large et plus durable ». Selon M. Costa, l'Eurovignette devrait être perçue comme le « remplacement d'autres taxes » qui pèsent sur le transport.
Pour sa part, présentant le paquet à la presse, le commissaire a rappelé qu'il ne s'agissait pas d'une nouvelle taxe imposée au secteur routier. « Il ne s'agit pas d'une nouvelle taxe » car « le système (de tarification) sera volontaire » et les recettes ainsi prélevées devront être affectées « au financement du transport plus durable », a-t-il martelé. La proposition « ne se traduira pas par un transport plus cher pour la société », selon M. Tajani, qui a insisté sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'une « augmentation mais d'une diversification des coûts » qui désormais seront à la charge du pollueur. Le paquet « permettra notamment d'écologiser le secteur des transports, de faire baisser les émissions, de réaliser une économie de 8 % sur la consommation des camions et de réduire les encombrements pour tous les usagers de la route. « Si aujourd'hui un camion fait la queue à cause d'un énorme embouteillage » et, en attendant, « laisse le moteur allumé », il est clair que ceci « accroît la pollution », a-t-il expliqué. Et d'ajouter: « Si la circulation était plus fluide, il n'y aurait pas ce problème ». (A.By.)