Bruxelles, 17/06/2008 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont fait le point, lundi 16 juin, sur la question nucléaire iranienne, sans évoquer le renforcement des sanctions à l'égard de Téhéran. L'annonce de nouvelles sanctions était pourtant arrivée de Londres un peu plus tôt, où le Premier ministre britannique Gordon Brown avait indiqué, lors d'une conférence de presse conjointe avec le président américain, George W. Bush, que l'UE allait accepter, lundi, une demande britannique en ce sens. « Nous allons aujourd'hui agir de façon à ce que les avoirs à l'étranger de la plus grande banque du pays, Melli, soient gelés », avait précisé M. Brown. Une impatience américaine confirmée par les propos du conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Stephen Hadley, qui a expliqué par ailleurs que « le communiqué de l'UE sera très clair cet après-midi sur le fait qu'ils imposeront de nouvelles sanctions à l'Iran ». Cette possibilité existe, conformément à la double approche suivie par l'UE vis-à-vis de l'Iran (négociation et dans le même temps mise en œuvre des décisions du Conseil de sécurité de l'ONU), mais « aucune décision n'a été prise aujourd'hui », a déclaré Javier Solana à l'issue de la réunion.
Le Haut Représentant de l'UE pour la PESC venait juste de rentrer d'une visite à Téhéran, où il a remis aux autorités iraniennes, samedi 14 juin, une offre de coopération remaniée des « Six » (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie). Une offre rejetée par un porte-parole du gouvernement iranien avant même d'avoir été présentée, mais qui pourrait quand même être étudiée par Téhéran, si, dans le même temps, une contre-proposition iranienne transmise auparavant était aussi prise en compte. Cette proposition iranienne ne prévoirait toutefois pas de suspension de l'enrichissement nucléaire, un élément pourtant central de l'offre des Six (portant sur la coopération économique, commerciale dans le nucléaire civil et sur la sécurité régionale). Ces derniers souhaitent en effet que l'Iran suspende ses activités litigieuses, au moins « durant le temps des négociations », avait rappelé M. Solana. (A.B.)