Bruxelles, 17/06/2008 (Agence Europe) - Le commissaire désigné à l'Immigration, Jacques Barrot, a indiqué, mardi 17 juin à Strasbourg, qu'il était favorable au concept d'« immigration concertée » entre les États membres et avec les pays tiers, reprenant ainsi le leitmotiv d'une « immigration choisie et concertée » que la France compte bientôt proposer dans son pacte européen sur l'immigration. « Nous avons entre 1,5 et 2 millions de ressortissants de pays tiers arrivant chaque année en Europe (…) Il faut réguler cette immigration », a précisé M. Barrot à l'occasion de la présentation de deux communications relatives à la politique commune d'immigration et l'asile (EUROPE n° 9683). « Les principes que comportent ces deux communications ne sont pas en opposition avec la démarche française et pourraient même être jugés comme complémentaires », a expliqué le commissaire. Selon lui, la démarche de la Commission est de poser « des jalons » qui seront ensuite portés au niveau de la volonté politique des États membres par la Présidence française. « La Commission n'est pas en mesure de pouvoir mobiliser comme pourrait le faire la Présidence », a-t-il admis, assurant toutefois qu'il reviendrait ensuite à la Commission de proposer des textes d'application. « Nous voulons une Europe ouverte avec une immigration vue dans un esprit de solidarité, de prospérité et de sécurité », a-t-il, en se référant au document relatif à une politique commune d'immigration. Sur ce même thème, il s'est montré favorable à l'interdiction des régularisations massives d'immigrés clandestins. Quant au document concernant l'asile, M. Barrot a indiqué qu'il voulait faire converger les législations nationales afin d'atteindre un niveau de protection et d'harmonisation plus élevé dans l'UE, que ce soit sur les procédures d'accueil des migrants ou sur les règles déterminant l'État responsable de l'examen des demandes d'asile (Dublin II). Compte tenu du « Non » irlandais au Traité de Lisbonne, M. Barrot s'est déclaré « tout à fait prêt » à proposer l'usage de la clause passerelle (Article 67 du traité) pour soumettre à la codécision le domaine de la migration légale (pour l'instant l'unanimité du Conseil et la consultation du Parlement sont requises). Il a toutefois réclamé « un peu de temps » pour proposer cette solution car celle-ci requiert l'unanimité au Conseil européen et une consultation des parlements nationaux. En attendant, il propose un dialogue plus soutenu entre le Conseil et le Parlement sur les textes concernés. Et le commissaire de rappeler: « J'ai tellement soif d'agir que je ne veux pas tout suspendre à des changements institutionnels qui retarderaient notre action ». (B.C.)