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Bulletin Quotidien Europe N° 9684
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/transport

M. Tajani emboîte le pas à ses prédécesseurs et se défend de tout conflit d'intérêts dans le cas Alitalia

Bruxelles, 17/06/2008 (Agence Europe) - C'est dans la continuité de la politique de transport tracée par ses prédécesseurs Loyola de Palacio et Jacques Barrot, que s'est inscrit Antonio Tajani, en évoquant quatre axes de travail (mobilité, protection, innovation et relations internationales). Pendant une audition de trois heures devant le Parlement européen, lundi 16 juin, le commissaire désigné aux Transports (après le départ en mai dernier de Franco Frattini) a également assuré les députés de son impartialité, notamment dans le dossier Alitalia. Il affirme sa détermination de mener à bien, avant la fin de son mandat, certaines initiatives stratégiques, comme le troisième paquet maritime, la mise en place du programme Ciel unique, afin d'assurer « un transport efficace et de qualité à des prix abordables fondés sur les infrastructures qui assurent l'ossature de l'Europe ». M. Tajani a également fait un pas en direction du Parlement en promettant de modifier, au cours de l'année, la législation restreignant le transport des liquides à bord des avions.

En guise d'introduction, cet ancien député européen et proche de Silvio Berlusconi, s'est félicité du rôle croissant du Parlement européen, où il a passé quatorze ans, pour aussitôt affirmer son indépendance. « Le fait qu'un député européen devient commissaire n'est que la confirmation du rôle de plus en plus important jouer par le PE », a-t-il dit. S'exprimant en français, il a enchaîné: « Je vais agir indépendamment de toute forme d'influence nationale, locale, politique ou économique ». Evoquant les résultats du référendum irlandais, M. Tajani a affirmé que l'UE avait besoin de « réponses rapides » et a appelé à la poursuite de la ratification du Traité de Lisbonne.

Mobilité: sans avoir modifié le calendrier établi par son prédécesseur, M. Tajani a annoncé la publication du paquet « Ciel unique européen » le 25 juin et la prochaine mise en place du Plan d'action sur les capacités aéroportuaires. Il a aussi confirmé l'importance d'une mise œuvre accélérée de réseau transeuropéen de transport (RTE-T) et des mesures pour accélérer le financement des trente projets prioritaires. Cinq jours après l'ouverture de l'enquête sur la compagnie aérienne Alitalia (EUROPE n° 9680), il a assuré qu'il veillerait pendant son mandat à « l'application uniforme et le contrôle rigoureux de l'application des lois sur les aides d'Etat en matière de transport ». « La Commission est gardienne de traités » et « doit intervenir à chaque fois lorsqu'elle sent que les règles ne sont pas respectées », a-t-il estimé en réponse à une question de Georg Jarzembowski (PPE-DE, allemand). « Il ne doit pas y avoir une différence entre Alitalia ou Olympic Airlines ou toute autre compagnie » aérienne, a-t-il martelé. Interrogé par Erik Meijer (GUE, néerlandais), M. Tajani a réaffirmé qu'il n'y aurait pas de « conflit d'intérêts » entre le fait qu'il soit de nationalité italienne et le dossier Alitalia. « Je ne suis pas actionnaire d'Alitalia, je ne pense pas qu'il soit nécessaire de confier Alitalia à un autre commissaire », a-t-il estimé, en rappelant que la Commission européenne venait d'engager « une enquête pour voir si dans les faits, comme le soupçonne la Commission européenne, il s'agit en réalité d'une aide d'Etat ». Affirmant la nécessité d'accélérer la mise en place des RTE-T, « j'aurais à l'égard de mon pays la même attitude que par rapport aux autres pays », c'est-à-dire « aiguillonner les États membres à investir » davantage, a-t-il poursuivi. A propos des aides publiques en matière portuaire, M. Tajani est toutefois resté prudent. « 90% des marchandises arrivant en Europe passent par les ports », a-t-il rappelé, reconnaissant qu'avant «de faire la moindre proposition, j'attendrai de voir ce que fait la DG et j'entendrai le Parlement ».

Protection de citoyens et de l'environnement. Lors de son intervention M. Tajani a fait un pas en direction du Parlement européen, en s'engageant « à prendre toutes les mesures nécessaires » pour adopter « l'ensemble » des propositions sur le paquet maritime, ainsi qu'à revoir la législation en matière de sûreté aérienne. Précisant ses propos, M. Tajani a annoncé une « audition au Parlement pour pouvoir confronter les avis des experts des Etats membres » et son intention de rendre publique « la majorité des règles de la sûreté ». « Cet été », le commissaire désigné prévoit notamment d'adopter une nouvelle version du règlement 622/2003 établissant les normes communes de sûreté aérienne, ainsi qu'un plan de route « pour le remplacement du règlement des liquides par une méthode alternative pour détecter les liquides dangereux » (possible grâce aux avancées technologiques). « Les mesures de sûreté devront être proportionnelles au risque et comprises par les passagers », a-t-il estimé, en se réservant néanmoins le droit de ne pas divulguer les informations « qui menaceraient directement la sûreté ». En ce qui concerne la sécurité routière, il poursuivra le calendrier élaboré par le commissaire Barrot, avec pour objectif de réduire de moitié, d'ici 2010, le nombre de tués sur les routes. Détaillant cet objectif, M. Tajani a promis d'agir à la fois sur le plan « législatif et de la communication », en s'efforçant: de faciliter l'application de sanctions transfrontalières aux infractions de la route ; de présenter en 2009 la mise à jour de la législation sur les tachygraphes chronométriques ; de renforcer la sécurité de gestion des infrastructures routières ; et de travailler sur le quatrième plan d'action sur la sécurité routière qui couvrira la période 2011-2020. Pas de modification non plus en ce qui concerne l'Eurovignette. M. Tajani a annoncé la publication d'un « paquet de mesures pour rendre les transports plus durables » le 8 juillet prochain. Selon lui, ce paquet présentera « une stratégie et une méthodologie pour l'internalisation des coûts externes qui seraient valables pour tous les modes de transports ». Interrogé par les députés, M. Tajani a confirmé que la proposition sur la directive Eurovignette comprendra un système non contraignant d'internalisation des coûts externes de transports pour les poids lourds. « Il ne s'agit pas de pénaliser le transport routier » mais « de le faciliter », a-t-il affirmé.

Innovation. C'est le déploiement de Galileo qui mobilisera « toute mon énergie », a déclaré M. Tajani. Le développement de SESAR (le volet technique du Ciel unique) et du projet ERTMS (système de gestion du trafic ferroviaire) dans le domaine ferroviaire, ainsi que le développement des transports intelligents dans le domaine routier seront les priorités en la matière.

Relations internationales. Ce sont les Balkans occidentaux (avec la conclusion rapide d'un Traité instituant une Communauté des transports avec les Balkans occidentaux) et l'aviation civile qui figureront en tête de l'ordre du jour. « Les négociations avec les pays tiers pour la reconnaissance mutuelle des mesures de sûreté pour des ventes hors taxes » se poursuivent, a confirmé M. Tajani, qui annonce la conclusion prochaine d'accords avec la Croatie, les États-Unis et le Canada. Il a aussi espéré un compromis concernant le survol de la Sibérie, mais est resté prudent face aux interrogations des députés sur la question des tarifs ferroviaires discriminatoires appliqués par la Russie aux trains lituaniens. « Il est très difficile d'intervenir sur les tarifs d'un pays qui n'est pas européen », a-t-il reconnu. Et d'ajouter que « nous n'hésiterons pas à intervenir » le moment venu. Le Parlement se prononcera sur la désignation de M. Tajani, ce mercredi 18 juin. (A.By.)

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