Bruxelles, 17/06/2008 (Agence Europe) - Lors d'une réunion, mardi 17 juin à Venise, les ministres européens de la Pêche de six États membres de l'UE (Italie, Espagne, France, Grèce, Portugal, Malte) ont finalisé un document commun sur les mesures à prendre pour aider les pêcheurs à faire face à la crise du gazole. Le président en exercice du Conseil Agriculture et Pêche, le ministre slovène Iztok Jarc, a aussi participé à la réunion, mais n'a pas signé le document commun. Sur ce dernier figurent les paraphes du ministre italien Luca Zaia, l'hôte de la réunion, de Michel Barnier (ministre français), Jaime Silva (ministre portugais), Elena Espinosa Mangana (la ministre espagnole), Christos Avgoùlas (secrétaire général au ministère grec) et Antony Gruppetta (secrétaire général au ministère maltais).
Compte tenu des difficultés économiques et sociales que doivent relever les professionnels, les États membres concernés souhaitent, par ce document, appeler l'attention de leurs partenaires européens, de la Commission européenne et du Parlement européen « sur les nécessaires évolutions des règles de la politique commune de la pêche », explique, dans un communiqué, le ministère français de l'Agriculture et de la Pêche.
Les mesures proposées, qui seront présentées formellement lors du Conseil Agriculture-Pêche des 23 et 24 juin, à Luxembourg, recouvrent quatre volets: - les mesures d'urgence et d'accompagnement social ; - les actions structurelles ; - les aides économiques ; - et l'organisation du marché et la commercialisation des produits de la pêche.
Le prix du gazole acheté par les pêcheurs a augmenté dans l'UE de 240% depuis 2004, affirment les six pays dans leur document. Ils réclament « une augmentation des moyens financiers à disposition du Fonds européen pour la pêche (FEP) », lequel est doté de 3,8 milliards d'euros au total (2007 à 2013). « Les ressources disponibles ne sont pas adaptées à la gravité de la crise en cours et aux exigences du secteur », poursuit le document. Les signataires demandent aussi: - « la participation financière du FEP aux mesures urgentes de caractère social » prises par les différents États membres ; - une augmentation « significative » du pourcentage des fonds du FEP pouvant servir à indemniser les pêcheurs en cas d'arrêt temporaire des activités (ce pourcentage est actuellement de 6%) ; - une révision de la politique de restructuration de la flotte communautaire, afin de favoriser des mesures réduisant la consommation d'énergie ; - une révision des règles sur les aides publiques à la flotte de pêche, de manière à pouvoir soutenir la construction de navires plus sûrs et moins énergivores.
Les ministres de la Pêche de France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce et Malte préconisent aussi « l'autorisation du lancement, dans les États membres, d'instruments permettant de stabiliser les prix du gazole acheté par les pêcheurs ». Ils veulent aussi une augmentation du plafond des aides dites « de minimis » (aides qui, dans cette limite, ne doivent pas être notifiées à la Commission européenne). Actuellement, la limite est de 30 000 euros par entreprise et sur trois ans. Les ministres italien et français souhaiteraient faire passer ce plafond à 100 000 euros. (L.C.)