Bruxelles, 17/06/2008 (Agence Europe) - Comme annoncé (EUROPE n° 9681), la Turquie et la Croatie ont poursuivi leurs négociations d'adhésion lors d'une réunion ministérielle le 17 juin à Luxembourg.
Turquie. Ankara et l'UE ont ouvert les pourparlers sur deux nouveaux chapitres (droit des sociétés, droit de la propriété intellectuelle). Au total, le pays a donc ouvert huit des 35 chapitres depuis le lancement des négociations en octobre 2005, dont un seul (science et recherche) a été provisoirement clos. S'exprimant devant la presse à l'issue de la réunion, le président en exercice du Conseil de l'UE, le ministre slovène des Affaires étrangères, Dimitrij Rupel, a encouragé la Turquie à continuer les réformes pour préparer sa future entrée dans l'UE. « Le processus d'adhésion sera un long processus, mais j'espère qu'il ne sera pas trop long (…) La Turquie devrait devenir un pays membre le plus rapidement possible », a dit M. Rupel qui n'a pas caché que son pays, la Slovénie, aurait aimé ouvrir davantage de chapitres de négociation. Le ministre turc des Affaires étrangères, Ali Babacan, a souligné que les deux parties - la Turquie, mais aussi l'UE - doivent remplir leurs obligations dans le processus de négociation. Dans ce contexte, il s'est dit « fâché » du fait que certains chapitres, comme par exemple « éducation et culture », soient toujours « bloqués par certains pays membres, pour des raisons politiques ». Le directeur général de la Commission (DG Elargissement), Michael Leigh, a indiqué que sept chapitres supplémentaires (dont « fiscalité » et « environnement ») pourraient être ouverts au cours des « prochains mois », pourvu que la Turquie respecte les critères (opening benchmarks) fixés par l'UE. M. Babacan a aussi affirmé que la Turquie continue à soutenir l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne. Le ministre turc a rappelé que son pays était aussi favorable au projet de Constitution européenne.
Croatie. Deux nouveaux chapitres ont été ouverts à la négociation: « politique sociale/emploi » et « libre circulation des travailleurs ». Au total, 20 des 35 chapitres sont désormais ouverts. Deux (science et recherche, éducation/culture) sont déjà provisoirement clos. Devant la presse, Dimitrij Rupel a essayé de minimiser l'impact que le « non » irlandais pourrait avoir sur le processus d'adhésion de la Croatie (voir aussi EUROPE n° 9683). « Juridiquement parlant, il n'y a pas de lien entre le Traité de Lisbonne et l'adhésion de la Croatie (…) mais je peux m'imaginer des complications psychologiques ou politiques ». Le ministre croate des Affaires étrangères, Gordan Jandrokovic, a annoncé que son pays voulait ouvrir tous les chapitres restants d'ici la fin de l'année. Zagreb s'est fixé comme objectif de finaliser les négociations d'adhésion avant la fin du mandat de la Commission Barroso, en automne 2009. (H.B.)