Bruxelles, 30/05/2008 (Agence Europe) - Même si aucun choix définitif n'a été arrêté, Budapest figure en très bonne place pour accueillir prochainement le siège de l'Institut européen d'innovation et de technologie (IET). C'est la principale information qui ressort du dîner de travail organisé, jeudi 29 mai, en marge de la réunion du Conseil « Compétitivité », à Bruxelles. Lors de la réunion de vendredi, les ministres de la Recherche ont adopté une déclaration de la prochaine troïka présidentielle et qui est destinée à avancer vers la pleine réalisation de l'espace européen de la recherche (EER). Les 27 ont également adopté formellement la proposition de règlement instituant l'initiative technologique conjointe publique-privée (JTI) dans la recherche sur les piles à combustible et l'hydrogène.
La capitale de la Hongrie devrait sans trop de problèmes être choisie pour héberger l'Institut européen d'innovation et de technologie. Outre Budapest, plusieurs villes étaient en compétition pour accueillir le siège de l'IET: Wroclaw (Pologne), Iena (Allemagne), San Cugat del Vallés (Espagne) et Bratislava/Vienne (candidature conjointe de la République slovaque et de l'Autriche). Lors de leur dîner, les ministres n'ont pas pu arrêter un choix définitif en raison d'un blocage polonais. Les ministres sont tombés d'accord pour dire que deux candidats restaient en course: Budapest et Wroclaw. La Présidence slovène de l'UE a toutefois réussi à mettre en place des critères communs de sélection qui laissent peu de doute sur le gagnant. Le siège de l'IET devrait en effet être situé dans un des nouveaux États membres et, selon le principe d'équité, la priorité devrait être accordée aux États membres qui n'hébergent pas de sièges d'autres agences de l'UE. Or, la Pologne accueille déjà à Varsovie l'Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures (Frontex). Les ministres ont de nouveau souligné que la décision sur le siège de l'IET devrait être prise aussitôt que possible et ont convenu de se réunir à nouveau le 18 juin prochain. S'ils se mettent d'accord à l'unanimité, les ministres pourraient, dans la foulée, convoquer une conférence intergouvernementale pour entériner leur décision.
Les ministres ont également concentré leur débat sur le « processus de Ljubljana » qui a pour objectif, d'ici à la fin de 2009, de parvenir à un consensus entre les États membres au sujet d'une nouvelle gouvernance pour l'EER (voir EUROPE n°9644). À cette occasion, les trois prochaines présidences de l'UE (France, République tchèque et Suède) ont, dans une déclaration conjointe, affirmé leur volonté de coopérer étroitement au succès de ce processus. Les trois présidences ont notamment annoncé leur intention d'encourager le débat politique au sujet de thèmes horizontaux dont: - les relations en termes de gouvernance entre l'enseignement supérieur, la recherche, l'innovation et d'autres champs politiques proches ; - les conséquences de l'expansion géographique de l'EER ; - la complexité du spectre des instruments soutenant la recherche en Europe ; - la nécessité d'associer aux structures de gouvernance de l'EER les principales parties prenantes, en particulier l'industrie et les universités.
Le Conseil a également adopté un règlement portant sur les initiatives technologiques conjointes (ITC) en vue d'instituer une entreprise commune piles à combustible et hydrogène. L'ITC porte sur un programme de recherche qui vise, au cours des six prochaines années, à accélérer la mise au point des technologies liées aux piles à combustible et à l'hydrogène en Europe afin de permettre leur commercialisation entre 2010 et 2020. L'UE fournirait une contribution de 470 millions d'euros et le secteur privé devrait débloquer un montant similaire. L'avis du PE sur cette proposition date du 20 mai dernier (EUROPE n° 9669).
Les ministres de la Recherche ont adopté une résolution non contraignante concernant la gestion de la propriété intellectuelle dans les activités de transfert de connaissances et un code de bonne pratique destiné aux universités et aux autres organismes publics de recherche. Le texte se veut le point de départ constructif d'un processus visant à sensibiliser davantage aux questions relatives à la gestion de la propriété intellectuelle au niveau européen. Le Conseil a adopté des conclusions concernant un modèle intégré compatible avec la vie familiale pour les carrières dans le domaine de la recherche. Ces conclusions visent à contribuer à l'élaboration d'un modèle intégré de carrières scientifiques fondé sur un ensemble de mesures adaptées offrant aux chercheurs, et particulièrement aux femmes, un environnement compatible avec leur vie de famille. Le Conseil a aussi adopté sans débat des conclusions visant à améliorer les procédures d'évaluation des programmes-cadre de recherche de l'UE. Des conclusions ont enfin été entérinées sur les infrastructures de recherche européennes et leur dimension régionale. « Je suis satisfaite des résultats atteints dans les domaines de la science et de la recherche (…) Bien que certains nous reprochaient notre trop grande ambition, la moisson sera excellente », a tenu à déclarer la ministre slovène de l'Enseignement supérieur, de la science et de la technologie, Mojca Kucler Dolinar, à l'issue du Conseil qu'elle a présidé. (B.C.)