Bruxelles, 30/05/2008 (Agence Europe) - Le jour même de l'échéance du délai accordé par la Commission européenne, les autorités italiennes ont fourni les informations requises sur les 300 millions d'euros prêtés par le trésor italien à la compagnie aérienne Alitalia. La Commission craint que ce prêt d'urgence, octroyé le 22 avril, n'ait pas été effectué dans des conditions de marché « normales », et constitue donc une aide d'État illégale (EUROPE n° 9650). Dans un bref communiqué, la Commission confirme qu'elle « analysera maintenant le contenu de cette réponse. Elle ne fera aucun commentaire supplémentaire avant d'avoir achevé cette analyse ».
Il s'agit de déterminer si les conditions du prêt auraient été acceptables pour un investisseur agissant dans le contexte du marché. Force est de constater que les investisseurs privés ne se pressent pas pour avancer des fonds à l'ancien opérateur national, qui essuie des pertes quotidiennes d'un million d'euros. Mais le Premier ministre Silvio Berlusconi a expliqué que le financement devrait suffire à garantir « la continuité de l'entreprise pour les 12 prochains mois », une période adéquate pour trouver un acheteur, espère-t-il. Le Premier ministre s'exprimait devant la presse lors de la présentation technique du décret qui précise les conditions du prêt, vendredi. Entre autres, l'injection de fonds pourrait être transformée en fonds propres afin d'éviter le dépôt de bilan. Le ministre de l'Économie, Giulio Tremonti, a ajouté que le gouvernement a prévu une discussion avec la banque milanaise Intesa Sanpaolo SpA, mardi prochain, pour évaluer la meilleure option entre les « un ou deux acheteurs » intéressés. Les déclarations publiques de vendredi n'ont pas traité de la compatibilité du prêt avec la réglementation européenne sur les aides d'État. (C.D.)