Bruxelles, 16/04/2008 (Agence Europe) - Le « seul moyen » pour l'Union européenne d'aider les forces pro-européennes à Belgrade et d'éviter le retour du Parti radical et des ultra-nationalistes au gouvernement serbe est de signer l'accord de stabilisation et d'association (ASA) avant les élections législatives du 11 mai, a déclaré, mardi 15 avril à EUROPE, un proche du président Boris Tadiæ. L'ASA a été paraphé en novembre 2007 mais au moins deux pays membres de l'UE - les Pays-Bas et la Belgique - refusent de le signer tant que Belgrade n'aura pas prouvé sa pleine et entière coopération avec le tribunal pénal international sur l'ex-Yougoslavie (TPIY) en arrêtant et transférant à La Haye le général Radko Mladic, accusé de crimes de guerre. La Présidence slovène de l'UE travaille sans relâche à une solution qui permettrait de lever les réserves néerlandaises et belges et de signer l'ASA à l'occasion du prochain Conseil Affaires générales/Relations extérieures, les 28 et 29 avril à Luxembourg. Si les 27 parvenaient à réunir l'unanimité requise pour la signature, le président serbe Boris Tadiæ se déplacerait en personne à Luxembourg pour poser sa signature sur cet accord qui ouvrirait la voie à une future demande d'adhésion du pays à l'UE, explique le diplomate serbe.
« 70% de la population serbe soutient la perspective d'une future adhésion de la Serbie à l'UE, mais les gens perdraient confiance dans leurs propres visions européennes » si l'UE continuait à bloquer toute avancée sur le chemin de l'intégration européenne en refusant de signer l'ASA, explique le diplomate serbe. Il s'agit, par ailleurs, d'une question de crédibilité pour le président Tadiæ qui a gagné les élections présidentielles en janvier grâce à son programme pro-européen. « Si nous ne signons pas l'accord avant le 11 mai, nous perdrons notre crédibilité », dit cette source. Les événements au Kosovo n'ont pas arrangé les choses pour les pro-européens à Belgrade. Profitant un maximum de l'ambiance anti-européenne suscitée par le positionnement de l'UE par rapport à la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo (envoi de la mission EULEX considérée comme « illégale » par tous les Serbes ; décision de laisser aux Etats membres le choix de reconnaître ou pas ce nouvel Etat), le Parti démocratique de Serbie (DSS) du Premier ministre sortant Vojislav Koštunica et le Parti radical veulent transformer les élections législatives du 11 mai en un « référendum sur la question de savoir si la Serbie devrait garder ou perdre le Kosovo », explique le diplomate serbe. C'est pourquoi il sera important de préciser « très clairement », au moment de la signature de l'ASA, que cet accord ne touche en rien à la question du statut du Kosovo, souligne le diplomate serbe. En exhortant l'UE à signer l'ASA avant les élections du 11 mai, le camp du président Tadiæ ne veut « nullement mettre en cause la conditionnalité » imposée par l'UE en ce qui concerne la pleine et entière coopération avec le TPIY, dit-il. « Nous demandons simplement aux Pays-Bas et aux Belges de signer l'ASA maintenant et de donner à leurs parlements nationaux le droit de bloquer l'accord plus tard, au moment de la ratification, s'ils estiment vraiment que nous n'avons pas rempli tous les critères ». Une approche similaire a été suivie pour la Croatie, qui a signé l'ASA en 2001 mais qui a dû attendre octobre 2005 pour ouvrir les négociations d'adhésion en raison d'un manque de coopération avec le TPIY pour l'arrestation du général Gotovina. « Nous voulons être traités comme la Croatie », souligne-t-il. Le gouvernement des Pays-Bas, de plus en plus conscient de l'enjeu des élections serbes, est apparemment en train d'explorer avec les autres partis du parlement les possibilités de « faire quelque chose » pour soutenir les pro-européens avant le scrutin du 11 mai. (H.B.)