Bruxelles, 16/04/2008 (Agence Europe) - S'exprimant dans les colonnes du quotidien français La Tribune du 15 avril, Benita Ferrero-Waldner plaide pour le développement d'une « véritable diplomatie européenne » pour la sécurité énergétique de l'UE. « Mieux interconnecté, notre marché intérieur donnera plus de fluidité et de solidarité en cas de crises. Améliorer notre efficacité énergétique de 20%, introduire un minimum de 20% de renouvelables dans notre bouquet énergétique réduira nos importations d'hydrocarbures. Mais il ne faut pas se faire d'illusions. Quand bien même toutes ces mesures auront été appliquées en 2020, il nous faudra encore importer plus de 50% de notre énergie, essentiellement des hydrocarbures. Le problème de l'UE reste et restera la gestion de ses importations et la sécurité de ses approvisionnements, surtout en gaz », souligne la commissaire aux Relations extérieures, rappelant que ces derniers sont essentiellement assurés par la Russie (46%), la Norvège (27%) et l'Algérie (20%). « Dans ce contexte, les difficultés se multiplient », ajoute-elle, citant les prix élevés du pétrole, la concurrence croissante des autres pays consommateurs, la renationalisation des ressources par la majorité des pays producteurs et le risque de constitution de cartel par les fournisseurs gaziers de l'UE. « La diversification n'est pas seulement un choix politique, c'est une responsabilité envers nos concitoyens », poursuit-elle, précisant que les travaux de la Commission ont déjà abouti à la conclusion d'accords de coopération énergétique avec l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan et l'Ukraine à l'Est, l'Egypte, le Maroc et la Jordanie au Sud, que les négociations se poursuivent avec le Turkménistan, l'Algérie et la Libye et que de nouveaux projets d'interconnexions au Moyen-Orient et avec le Mashrek ainsi qu'un partenariat avec l'Irak sont à l'étude. « Cette diversification n'a de sens qu'avec de vrais débouchés dans l'UE. D'où l'importance des gazoducs Nabucco et trans-Mashrek et des futures interconnexions avec la région du Golfe et un jour avec l'Iran », insiste-t-elle, notant qu'en développant des projets parallèles à Nabucco (Nordstream, Bluestream 2 et Southstream), la Russie poursuit ses objectifs « de manière cohérente et stratégique pour conserver sa place dans le marché européen ». « L'UE peut elle en faire autant ? En vérité, notre problème est moins la Russie que la faiblesse de notre capacité collective de réponse. Pour certains, nos difficultés viennent de ce que, malgré les avancés du Traité de Lisbonne, il n'y a pas de compétence communautaire de l'énergie. Mais le plus grave et le plus urgent est l'absence de coordination au sein de l'UE et de transparence qui seraient nécessaires pour parler d'une seule voix avec nos partenaires », conclut-elle. (E.H)