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Bulletin Quotidien Europe N° 9644
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/irak

Le Premier ministre irakien souligne les progrès accomplis sur la voie de la démocratie - l'UE et l'Irak se rapprochent d'un accord sur l'énergie

Bruxelles, 16/04/2008 (Agence Europe) - Pour sa première visite officielle des institutions européennes, Nouri al-Maliki a pu faire le point, mercredi 16 avril, sur la situation en Irak et sur les progrès de la coopération entre son pays et l'UE. Devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, comme à l'issue de son entretien avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le Premier ministre d'Irak a surtout rappelé son engagement en faveur d'un pays plus démocratique et plus sûr pour tous les Irakiens, quelle que soit leur origine ou leur religion.

« Je ne peux pas prétendre que l'Irak est un pays stable, mais par rapport à il y a un an et demi, nous avons fait des progrès significatifs », a déclaré M. al-Maliki aux députés européens mercredi matin. Au lendemain d'une vague d'attentats commis dans différentes villes du pays, qui a fait de cette journée l'une des plus sanglantes de ces derniers mois (avec au moins soixante morts), la situation est loin d'être sous contrôle. Mais « le fantôme de la guerre civile n'existe plus », s'est félicité M. al-Maliki, qui réaffirme sa volonté d'assurer l'Etat de droit et le respect des droits de l'Homme. Le nouvel Irak « refuse de devenir le terrain de jeu de pouvoirs régionaux » et souhaite que les pays voisins appliquent une « politique de non interférence dans les affaires internes » irakiennes, a-t-il indiqué, en citant l'Iran, la Turquie, l'Arabie Saoudite, la Jordanie ou le Koweït. S'adressant ensuite de manière implicite à l'Iran, il demande aussi « d'assécher les racines du terrorisme » et d'empêcher l'infiltration de combattants armés sur le sol irakien. Déterminés à vaincre le terrorisme, « nous sommes aujourd'hui plus confiants que jamais d'être proches de la victoire définitive contre Al Qaïda et ses alliés hors la loi », a lancé M. al-Maliki, en rappelant que depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement a prôné la réconciliation nationale. La Constitution protège le droit des minorités religieuses, garantit le pluralisme et les libertés, mais la reconstruction du pays passe aussi par des élections libres.

Engagées depuis le mois dernier dans une confrontation avec « l'armée du Mahdi » à Bassorah, les forces gouvernementales irakiennes n'ont toujours par réussi à désarmer la milice de l'imam chiite Moqtada Al Sadr. Pour M. al-Maliki, l'objectif est d'empêcher les milices armées d'interférer avec les prochaines élections provinciales prévues le 1er octobre et de dicter le comportement des électeurs. Ce refus des milices est une approche partagée par tous les partis politiques, qui s'applique dans chaque province et pour chaque entité politique ou confessionnelle, a souligné M. al-Maliki. La stabilité actuelle et les aides du gouvernement favoriseront le retour des réfugiés (dont plus de deux millions se trouvent dans les pays voisins), mais leur participation aux prochaines élections ne sera pas possible. En revanche, les personnes déplacées à l'intérieur du pays auront la possibilité de voter (même si les modalités techniques doivent encore être précisées). M al-Maliki a par ailleurs rappelé son souhait d'un retrait progressif des troupes américaines, refusant d'envisager un départ immédiat. Cela amènerait « le chaos », a-t-il estimé, précisant qu'« il ne s'agira donc pas d'un retrait spontané et direct mais d'un retrait structuré ».

Dans une résolution adoptée en mars, le Parlement recommandait au Conseil et à la Commission d'accroître quantitativement et qualitativement l'aide communautaire dans le pays (EUROPE n° 9621). Le PE soutiendra « des actions très concrètes en ce qui concerne le renforcement des institutions et les infrastructures », a confirmé mercredi Hans-Gert Pöttering, à l'issue de son entretien avec M. al-Maliki. Les Européens pourraient aussi fournir une assistance technique et une expertise à l'Irak afin de mieux gérer ses ressources naturelles, a par ailleurs souhaité M. al-Maliki, qui indique qu'une loi sur le secteur pétrolier et gazier est en passe d'être adoptée (sans plus de précisions sur la date). Ce texte, qui doit régler la question du partage des revenus du pétrole et du gaz entre les 18 provinces irakiennes, permettra à l'Irak de nouer de nouveaux partenariats et de développer les investissements, a expliqué le Premier ministre irakien. Son entretien avec le président Barroso et celui, plus tôt, avec le commissaire à l'Energie, Andris Piebalgs, ont en tout cas confirmé l'imminence d'un accord énergétique avec l'UE. « Les négociations sur la question du gaz se déroulent très bien », s'est félicité M. Barroso, qui constate que « des éléments très concrets sont déjà sur la table, et nous devrions parvenir à un accord d'ici quelques semaines ». Un accord (« Mémorandum of Understanding ») permettant à l'UE de diversifier un peu plus ses sources d'approvisionnement pourrait intervenir dès le mois de mai lors de la venue à Bruxelles du ministre irakien de l'Energie, a aussi laissé entendre le président de la Commission. Dans un communiqué, l'Irak se dit prêt à signer ce MoU « à tout moment ». (A.B.)

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