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Bulletin Quotidien Europe N° 9619
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/amerique latine

Accalmie dans les relations entre la Colombie, l'Equateur et le Venezuela

Bruxelles, 10/03/2008 (Agence Europe) - Le député européen José Ignacio Salafranca Sánchez-Neyra (PPE-DE, espagnol) et Jorge Pizarro Soto, président du parlement latino-américain, qui co-président l'Assemblée parlementaire euro-latino-américaine (EUROLAT), ont adopté, vendredi 7 mars, une déclaration conjointe dans laquelle ils appellent les gouvernements colombien, équatorien et vénézuélien à « chercher une solution pacifique urgente » et à « renoncer explicitement à l'usage de ou à la menace du recours à la force ». Rappelant que les droits de l'Homme et le respect des libertés fondamentales constituent la pierre angulaire des relations UE/Amérique latine, ils condamnent la séquestration et la privation de liberté dont sont victimes « des centaines de personnes » en Colombie et exigent « leur liberté immédiate et inconditionnelle ». Et de se mettre à disposition des autorités colombiennes pour « faciliter le dialogue » qui mènerait à la libération des otages retenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie FARC.

Les tensions entre la Colombie, l'Équateur et le Venezuela ont culminé, le 1er mars dernier, après l'incursion de l'armée colombienne sur le territoire équatorien sans que le gouvernement colombien en informe Quito. Cette incursion s'était soldée par la mort d'une vingtaine de combattants, dont un haut responsable des Forces armées révolutionnaires de Colombie. La Colombie a également accusé le Venezuela de soutenir financièrement les (FARC).

Les tensions opposant les trois pays latino-américains ont été au cœur du Sommet du Groupe de Rio. Réunis à Saint-Domingue (République dominicaine) vendredi 7 mars, les dix-neuf pays et organisations membres de ce forum politique ont adopté une déclaration conjointe qui contribue à calmer les esprits. Cette déclaration condamne fermement l'incursion militaire colombienne et les menaces d'organisations criminelles sur la sécurité nationale des États.

Le Groupe de Rio exprime sa « profonde préoccupation pour toute la région » concernant les événements du 1er mars. Il rejette « cette violation de l'intégrité territoriale de l'Équateur » et réaffirme « le principe selon lequel le territoire d'un État est inviolable et ne peut faire l'objet d'occupation militaire ni de l'utilisation de la force par un autre État, de façon directe ou indirecte, quel qu'en soit le motif et même de façon temporaire ». Il prend note des « entières excuses » formulée par le Président colombien Álvaro Uribe au gouvernement et au peuple équatoriens ainsi que de l'engagement colombien à ce qu'un tel événement ne se reproduise à l'avenir « en aucune circonstance ». Le Groupe de Rio réitère son « engagement ferme de combattre les menaces à la sécurité de tous les États membres provenant de l'action de groupes irréguliers ou d'organisations criminelles, en particulier celles liées au narcotrafic ». La Colombie a tenu à inscrire dans le document qu'elle considère ces organisations criminelles comme « terroristes ».

Créé en 1986, le Groupe de Rio est un forum politique composé des pays suivants: l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, la Communauté des Caraïbes (CARICOM), le Chili, la Colombie, le Costa Rica, la République dominicaine, El Salvador, l'Équateur, le Guyana, le Honduras, le Mexique, le Nicaragua, le Panama, le Paraguay, le Pérou, l'Uruguay et le Venezuela. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE et de ce forum politique se réunissent tous les deux ans. La dernière rencontre avait eu lieu l'année dernière à Saint-Domingue (voir EUROPE n° 9412), la prochaine étant programmée pour 2009 à Prague. (M.B.)

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