Bruxelles, 10/03/2008 (Agence Europe) - Le commissaire européen chargé de la Justice, de la Liberté et de la Sécurité, Franco Frattini, a récemment indiqué qu'il souhaitait voir les Etats-Unis s'occuper de la sécurité d'Ayaan Hirsi Ali, ancienne députée néerlandaise d'origine somalienne menacée de mort pour avoir exercé sa liberté de pensée et d'expression. Depuis que Mme Hirsi Ali a décidé de vivre aux Etats-Unis, en 2006, le gouvernement des Pays-Bas a pris la décision, en octobre 2007, d'arrêter le financement de sa protection. Pour l'instant Washington refuse de prendre en charge la responsabilité de Mme Hirsi Ali, compte tenu de sa nationalité néerlandaise et de son travail aux Pays-Bas. « La meilleure solution serait d'avoir un accord bilatéral avec les Etats-Unis », a indiqué le commissaire, dans une interview publiée le 6 mars sur le site de Radio Netherlands Worldwide. « Autant que je sache, nous garantissons en Europe le même niveau de protection pour tous les officiels de haut niveau et les citoyens ordinaires qui sont sous la protection des Etats-Unis », a ajouté M. Frattini. Dans ce contexte, le commissaire a fait savoir qu'il aborderait cette question jeudi 13 mars, en Slovénie, à l'occasion de sa rencontre avec le secrétaire américain à la Sécurité, Michael Chertoff. Malgré la campagne lancée par le Parlement européen sur la levée de fonds européens pour protéger l'ex-députée, M. Frattini a estimé qu'il était encore « prématuré » de parler d'un tel financement pour protéger Mme Hirsi Ali. Selon lui, ce qui est absolument nécessaire, c'est d'offrir le même niveau de protection dans tous les Etats membres pour les personnes se trouvant dans la situation de Mme Hirsi Ali. Offrir une telle protection veut aussi dire payer pour cette protection, a insisté M. Frattini, rappelant que ce serait à la France de payer la facture si elle souhaitait héberger la Néerlandaise. (B.C.)