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Bulletin Quotidien Europe N° 9619
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/mediterranee

Le textile, secteur clé et secteur témoin de la construction d'un espace euroméditerranéen

Bruxelles, 10/03/2008 (Agence Europe) - Malgré des difficultés structurelles, le secteur textile-habillement méditerranéen, très étroitement lié à l'industrie européenne, affiche de bons résultats et recèlerait encore des perspectives prometteuses. Faisant le bilan 2007, le CEDITH (Centre euroméditerranéen des dirigeants du textile et de l'habillement) relève que les importations européennes en provenance de cette zone ont crû de 4,3 % en 2007, atteignant les 75,38 milliards d'euros. La Turquie, 2ème fournisseur de l'UE, après la Chine, accroît ses ventes de 6,5 %. La Tunisie, 5ème fournisseur de l'UE, augmente son chiffre de 5,0% et, en 6ème position, le Maroc affiche: +6,4%. L'Egypte, située au 16ème rang: + 6,5%. Ces pays figurent aussi parmi les principaux clients de l'industrie européenne pour l'achat de matières de base, intrants, matériels et technologies. Leur part de marché globale (en Europe) a, d'après ce bilan, tendance à croître, passant de 23,6% à 24,0%. En comparaison, la part de marché chinoise en Europe a atteint 34,6 % en 2007 contre 31,5 % en 2006.

Ces 4 pays riverains de la Méditerranée, déjà engagés dans un processus de libre-échange réciproque avec les 27 pays de l'UE, sont en outre engagés dans un processus d'ouverture, entre eux, de leurs propres marchés. Le marché turc est accessible grâce à l'Union douanière avec l'UE et ce pays a, de plus, signé des accords commerciaux bilatéraux avec plusieurs de ces pays (Tunisie, Maroc, etc.). L'application anticipée du système paneuropéen des règles d'origine pour le textile-habillement, admise en 2005, avant qu'il ne soit transformé en système paneuroméditerranéen, a favorisé ce mouvement. La Tunisie a, pour sa part, totalement achevé, fin 2007, le démantèlement progressif dans tous les secteurs (sauf les services, en cours de négociation et l'agriculture, cas particulier). Le Maroc et l'Egypte sont dans des processus similaires d'abaissement des barrières. En outre, ces trois derniers pays sont (avec la Jordanie aussi) membres de «l'Accord d'Agadir» mis en œuvre depuis mars 2007. Cet accord de libre-échange «Sud-Sud», entre partenaires méditerranéens de l'Europe, les engage à ouvrir, chacun, son marché aux autres signataires. Il est ouvert aux autres pays associés de la région (Algérie, Liban et Syrie). La Palestine et Israël sont un cas à part ; une perspective impliquant ces deux partenaires et l'UE dans une relation tripartite est à l'étude. Les premiers secteurs visés sont le textile et l'habillement, l'automobile et les nouvelles technologies et deux études sectorielles sont lancées pour orienter les entreprises vers la pleine utilisation du régime pan-euroméditerranéen de l'origine. Ce système devait, selon le président de la structure permanente de « l'Accord d'Agadir », Ferid Tounsi, « favoriser des synergies» et dynamiser l'investissement.

Pour les initiateurs de cet accord « Sud-Sud » - dont l'UE, qui incite les pays de la région à s'y engager - comme pour le CEDITH, la coopération euroméditerranéenne est apte à aider l'industrie européenne et méditerranéenne à faire face, ensemble, à la mondialisation. Les atouts ne manquent pas, selon le CEDITH, qui les estime compétitifs: «l'Egypte, grâce à ses coûts salariaux performants et à sa production compétitive de tissus de coton, fait mieux que se défendre, en progressant de 8,3 %. La Turquie accroît ses exportations de 7,7 %, malgré des salaires en augmentation. Le Maroc progresse de 6,2 % et voit sa part relative remonter de 4,3 % à 4,4 %. La Tunisie: +3,9 %». L'amélioration du cadre de l'investissement permettra d'accentuer la capacité de riposte commune face aux effets de la mondialisation. Pour le Président de «l'Accord d'Agadir», l'investissement des entreprises européennes dans la zone EuroMed ne relève plus du schéma des délocalisations mais du redéploiement dans un espace commun (le marché intérieur européen ajouté à celui des pays qui lui sont progressivement intégrés). Cet espace est déjà ouvert aux entreprises européennes nombreuses à avoir déjà investi sur la rive sud de la Méditerranée. «Il doit aussi progressivement bénéficier aux entreprises des pays de la rive sud» et favoriser l'investissement. C'est dans cette perspective que la Commission européenne soutient l'initiative d'un Forum d'affaires sur l'investissement dans l'espace «Agadir» qui aura lieu le 8 avril à Bruxelles sous l'égide du commissaire au commerce, Peter Mandelson.

Selon le CEDITH, «les entreprises des pays du pourtour méditerranéen poursuivront l'amélioration de leurs services liés à la sous-traitance. Ils continueront de bénéficier de la proximité géographique de leurs donneurs d'ordres. Leur montée en gamme devrait atténuer l'impact du ralentissement conjoncturel dans les pays de leurs donneurs d'ordres et de la concurrence asiatique.» Celle-ci est pour l'heure la principale bénéficiaire de la demande européenne. «En 2007, les importations globales européennes de textile-habillement ont augmenté de 4,3 % pour atteindre 78,6 milliards de dollars». Ceci, bien que, selon l'organisme textile, les importations européennes en provenance de Chine aient «subi un coup de frein », ne progressant « que de +14,5%» même si leur part dans les importations totales demeure forte: 34,6 % en 2007 contre 31,5 % en 2006. Cette évolution « se fait au détriment de la plupart des autres fournisseurs, y compris asiatiques dont certains comme Hong-Kong (-32,7%), le Bangladesh (-4,5%), l'Indonésie (-10,8%), la Thaïlande (-6,3%), la Corée (-4,4%), Taïwan (-19,2%) ou le Cambodge (-7,0%) sont même en recul. Seuls des pays asiatiques comme le Vietnam (+10,8%) ou le Sri Lanka (+7,3%) poursuivent leur progression alors que l'Inde se traîne (+3,3%) ». (F.B.)

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