Bruxelles, 19/02/2008 (Agence Europe) - La Commission a examiné, mardi 19 février, une nouvelle série de programmes de stabilité ou de convergence. Il ne reste plus maintenant qu'à traiter ceux de la Belgique et de la Pologne. Pour cette avant-dernière vague, la Commission encourage la Grèce à accélérer l'assainissement de ses finances publiques pour parvenir à son objectif à moyen terme (OMT) d'ici 2010. Dans un contexte économique moins favorable, l'Irlande est invitée à préserver l'équilibre budgétaire et la Lituanie, pour qui les résultats pourraient être moins bons que prévu, à mettre en œuvre une politique budgétaire encore plus stricte. L'Espagne et surtout le Danemark présentent des positions budgétaires saines, se félicite aussi la Commission. Le Conseil Ecofin, qui a analysé la stratégie d'assainissement budgétaire de onze Etats membres lors de sa dernière réunion (EUROPE n° 9600), reviendra le 4 mars prochain sur ces programmes et sur les neuf autres adoptés par la Commission la semaine dernière (EUROPE n° 9601).
Danemark. Pour la Commission, les résultats budgétaires au Danemark seront meilleurs que prévu en 2007 et la tendance devrait se poursuivre. Avec un excédent budgétaire de 3,8% du PIB pour 2007 (contre un objectif de 2,8% dans la précédente version), le programme de convergence actualisé pour 2007-2010 table sur une position excédentaire solide tout au long du cycle (avec 3% en 2008, 2% en 2009 et 1,2% en 2010). Bien qu'en recul, ces objectifs annoncés pourraient s'avérer plus élevés que prévu, estime la Commission. Leur réalisation permettra quoi qu'il en soit au Danemark de respecter aisément son objectif à moyen terme, qui a été revu à la hausse et consiste désormais en un surplus structurel compris entre 0,75% et 1,75% du PIB. Le pays peut en effet compter sur une croissance soutenue de l'emploi et une augmentation des recettes liées à l'exploitation du pétrole et du gaz en mer du Nord. La croissance du PIB devrait toutefois baisser selon les autorités danoises (de 2% en 2007, la hausse du PIB devrait baisser à 1,3% cette année et 1,1% l'année prochaine). Avec également une dette faible (elle est de 25,6% du PIB en 2007 et devrait retomber à 18,6% en 2010), il n'y a pas lieu d'inviter le Danemark à prendre des mesures particulières, explique la Commission. Pour ce cas d'école, elle note simplement que le défi politique le plus important consiste à corriger les pénuries de main-d'œuvre, à alléger les pressions sur les coûts et à prendre des mesures pour stimuler l'offre d'emploi. Face au risque de politique budgétaire pro-cyclique, la maîtrise de la croissance des dépenses de consommation prévue par le programme reste une priorité élevée.
Espagne. Avec des excédents confortables depuis plusieurs années, l'Espagne devrait continuer à dépasser son OMT pour l'ensemble de la période couverte par le programme de stabilité actualisé (2007-2010). La stratégie budgétaire espagnole reste saine, souligne la Commission, qui recommande d'examiner avec précaution certaines mesures fiscales. Le pays, qui a dégagé des surplus budgétaires de 1,8% du PIB en 2006 et 2007, vise une position excédentaire de 1,2% pour les années à venir. Même si la croissance restera élevée (au-delà de 3% entre 2008 et 2010), largement supérieure à la moyenne de la zone euro, le ralentissement de l'activité dans le secteur immobilier incite à la prudence. Selon la Commission, il est primordial d'examiner méticuleusement l'incidence des réductions d'impôts et/ou des augmentations des dépenses en vue de maintenir une position budgétaire solide et de garantir la viabilité à long terme des finances publiques, sur lesquelles pèse un risque moyen. Encore proche de 60% du PIB au début de la décennie, la dette espagnole devrait continuer à baisser pour atteindre 30% du PIB en 2010. L'accent devrait aussi être mis sur les dépenses de nature à accroître la productivité, notamment les dépenses de R&D, d'infrastructure et d'éducation, afin de contribuer à un atterrissage en douceur de l'économie, recommande aussi la Commission.
Grèce. La version actualisée du programme de stabilité grec, prévoit une accélération de la réduction du déficit budgétaire, mais l'OMT de comptes publics équilibrés ne sera pas atteint d'ici 2010. Si les autorités grecques espèrent réduire le déficit de 2,7% en 2007 à 1,6% en 2008 et 0,8% en 2009, avant de parvenir à l'équilibre en fin de période, des risques pèsent sur cette trajectoire d'assainissement, observe la Commission. L'augmentation significative des recettes fiscales est fondée sur un scénario macroéconomique relativement optimiste et les mesures prévues après 2008 ne sont pas entièrement définies, constate-t-elle. De même, les réductions annoncées de certaines dépenses (en pourcentage du PIB) ne sont pas étayées par des mesures spécifiques et sont partiellement neutralisées par des projets d'augmentation des allocations sociales. La Commission recommande donc à Athènes d'exécuter méticuleusement le budget 2008, en adoptant éventuellement des mesures supplémentaires pour accélérer le processus d'assainissement et atteindre l'OMT durant la période de programmation. Le pays devrait aussi poursuivre les réformes en cours de l'administration fiscale et définir la stratégie budgétaire dans une perspective à plus long terme et en mettant effectivement en œuvre des mécanismes visant à surveiller, contrôler et améliorer l'efficience des dépenses primaires. Enfin, la Grèce est invitée à poursuivre les réformes dans le système des soins de santé et à réformer le système des retraites. Le niveau d'endettement, qui devrait baisser de 93,4% du PIB en 2007 à 82,9% en 2010, continue en effet de peser sur la viabilité des finances publiques.
Irlande. Largement excédentaires ces dernières années (2,9% en 2006), les comptes publics irlandais se rapprochent de l'équilibre (0,5% en 2007) et pourraient devenir déficitaires en 2008 (0,9%) et au-delà (1% en 2010). Cette évolution est dictée par une croissance moins brillante, quoi que toujours forte. De 4,8% en 2007, celle-ci devrait atteindre 3% en 2008, 3,5% en 2009 et 4,1% en 2010. L'évolution du secteur du logement et l'impact du ralentissement économique aux Etats-Unis et au Royaume-Unis sont les principales raisons de ce repli. La dette publique demeure nettement inférieure à la valeur de référence de 60 % (avec 25,1% en 2007, elle devrait cependant s'élever à 18,7% d'ici 2010). L'Irlande est invitée à respecter l'OMT en 2008 et les années suivantes en maintenant un contrôle rigoureux sur les dépenses, ainsi qu'à améliorer la viabilité à long terme de ses finances publiques, grâce à de nouvelles réformes des régimes de retraite.
Lituanie. Le déficit lituanien s'est creusé entre 2006 et 2007, passant de 0,6% à 0,9% du PIB. En dépit d'un taux de croissance élevé (9,8% en 2007 et encore 5,3% en 2008), l'amélioration des finances publiques sera modeste en 2008, avec un déficit envisagé de 0,5%. Si le programme de convergence actualisé prévoit de resserrer la politique budgétaire pour lutter contre le déficit extérieur élevé et les pressions inflationnistes, des risques pèsent sur la réalisation des objectifs budgétaires, constate la Commission, pour qui les projections de recettes semblent notamment optimistes. Le taux d'endettement est en revanche faible. De 17,6% du PIB en 2007, la dette publique devrait diminuer à 14% en 2010. La Lituanie devrait dès lors parvenir à des résultats budgétaires nettement meilleurs que prévu par le programme en 2008 et les années suivantes, en limitant la croissance des dépenses et en ne dépensant pas les éventuelles recettes supplémentaires. La lutte contre les pressions inflationnistes est primordiale, ajoute la Commission, qui préconise un mécanisme de fixation des salaires plus conforme à l'évolution de la productivité. (A.B.)